GÊNES ET BYZANCE.
GÊNES ET BYZANCE.
Le premier Paléologue qui saisit le sceptre de l’empire. .. introduisit chez nous un peuple venant d’Italie, peuple hardi et dur, ingrat et cruel envers ses propres bienfaiteurs; sa patrie était Gênes ou, pour s’exprimer plus naturellement, la géhenne du feu... ».
(Alexis Makrembolitès)
L'empereur byzantin est appelé « basileus », ce qui signifie roi en Grec. Il a tous les pouvoirs :
il dirige l'Empire, commande l'armée, contrôle l'Église.
On le vénère en se prosternant devant lui. ...
Pour les Byzantins, l'Empereur tient son pouvoir de Dieu : il est même considéré comme le lieutenant de Dieu sur Terre.
Pour Alexis Makrembolitès, aucun doute n’est possible; Michel VIII a accueilli dans l’empire, avec une rare bienveillance, des étrangers cruels et incendiaires qui se sont retournés contre leurs bienfaiteurs.
Passons sur l’erreur chronologique qui fait remonter à 1261 seulement la venue des Génois en Romanie; ce qui importe surtout est ce ton de haine, de satire méchante et de raillerie amère dont use notre rhéteur.
Il nous invite à nous demander comment une communauté bien modeste de pêcheurs a, en l’espace de deux siècles, pu devenir si puissante qu’elle menace le sort de Byzance, empire universel qui se place au-dessus de tous les Etats du monde?
Comment elle a pu s’y introduire et s’y rendre indispensable, au point d’accumuler un gigantesque capital et d’épuiser les ressources mêmes de l’empire, impuissant à arracher ce chancre qu’il s’est donné?
Les succès génois impliquent des efforts constants, une politique mobile et polyvalente, apte à saisir toutes les occasions, où qu’elles soient.
Car les relations politiques de Gênes avec l’empire byzantin ne se limitent pas à ces deux seules puissances; il faut tenir compte à la fois des intérêts d’une société marchande reliée par ses affaires à l’ensemble du monde méditerranéen, et de la politique étrangère de Byzance, pour laquelle Gênes n’est qu’un pion parmi d’autres, dans la vaste communauté internationale que l’empire entend dominer.
Gênes rencontre sur la route de son essor les autres républiques maritimes italiennes; non plus Amalfi, qui s’est déjà retirée de la scène lorsque les Génois se risquent au-delà du canal d’Otrante, mais Pise et surtout Venise.
Avec celle-là, elle lutte intensément pour dominer la Sardaigne; les haines accumulées par des décennies de piraterie, d’escarmouches et de combats se déchaînent aussi à Byzance où le comptoir génois, nouvellement créé, est dévasté par les Pisans plus ancien nement et plus solidement installés dans la capitale de l’empire.
Les affrontements s’achèvent avec la victoire génoise de la Meloria (1284).
Venise, en revanche, demeure jusqu’au XVe siècle le rival, toujours présent et constamment dangereux.
Aussi la politique génoise dans l’empire byzantin se détermine-t-elle souvent par rapport aux positions vénitiennes.
Au XIIe siècle elle cherche à obtenir une égalité de traitement avec des concurrents, toujours considérés comme «sujets» du basileus et auxquels Alexis Ier Comnène vient d’accorder une franchise douanière totale.
Pourquoi les Génois ne jouiraient-ils pas des mêmes privilèges?
Ils paraissent près d’y réussir, lorsque la IV ème Croisade livre Byzance et son marché au pouvoir des Vénitiens.
Désormais l’objectif est d’obtenir une revanche éclatante.
Le renversement doit se faire par une alliance avec l’empire de Nicée, gardien d’une légitimité byzantine qui ne peut s’épanouir que par la libération de Constantinople.
Après 1261, la question de la mer Noire est au coeur de tous les affrontements vénéto-génois; la Commune entend défendre le monopole commercial que Michel VIII vient de lui accorder; Venise cherche à profiter des déboires de l’alliance byzantino-génoise pour prendre sa part du commerce pontique et, par la mer Noire, des échanges avec l'Asie lointaine.
Quatre guerres successives opposent les deux républiques maritimes italiennes.
Elles ne profitent qu’aux Turcs dont l’avance progressive vers Constantinople et les Balkans ne peut être endiguée, à aucun moment, par un front commun des puissances chrétiennes.
De 1'antagonisme vénéto-génois, le grand vaincu est finalement l’empire byzantin lui-même, puisqu’il est le théâtre et la victime de ces farouches rivalités.
Mais cet empire n’a pas toujours été «l’homme malade » de 1'Orient médiéval, dont les dernières forces seraient épuisées par le dynamisme de nos marchands.
C’est un organisme valide et puissant qui les accueille au XII siècle et qui entend les utiliser au mieux de ses intérêts.
De là découle 1'ambiguïté des relations byzantino-génoises.
Hanté par le rêve impossible de l’empire universel, bouleversé déjà par l’agression économique des Vénitiens installés dans ses Etats, Manuel Ier Comnène cherche auprès de Gênes des appuis pour réaliser le rêve et limiter l’emprise de ses anciens alliés sur son sol.
Alors que le basileus envisage une alliance politique et navale, les Génois ne pensent qu’aux avantages économiques qui en sont la contrepartie et qui, pour eux, passent au premier plan.
Diviser pour régner, opposer une puissance à une autre, affaiblir l’adversaire du moment sans s’engager trop soi-même, voilà la recette de la diplomatie byzantine, inspirée du plus vieux principe qui ait jamais guidé les relations internationales.
Mais, pour con trôler le jeu, il faut en avoir les moyens.
Manuel Ier est bien près de les perdre.
Ses successeurs sont incapables de s’opposer aux agissements des Occidentaux qui mènent au dépècement de l’empire en 1204.
Après 1261, seul Michel VIII Paléologue continue à pratiquer avec plus ou moins de bonheur une politique d’équilibre; il favorise tour à tour Génois et Vénitiens et s’immisce dans les affaires siciliennes, pour éloigner de l’empire la menace angevine.
Après sa mort, les basileis négligent l’entretien coûteux de la flotte et, renonçant à une thalassocratie qui avait assuré pendant des siècles la supériorité de Byzance, ne peuvent résister à la pression continue des Occidentaux.
Guerres civiles, menaces étrangères sont autant d’occasions qui s'offrent aux Génois pour faire de leur comptoir de Péra un Etat dans l'Etat et arracher à l’empire des territoires qu’il ne peut plus contrôler, Chio et Mytilène. L’initiative est passée aux Occidentaux et aux Turcs; Jean V puis Manuel II prennent vainement la mer pour venir réclamer à l’Occident des secours qui ne viennent pas.
Restent Gênes et ses intérêts commerciaux qui ne touchent point seu lement Byzance.
La politique génoise est déterminée par des impulsions qui viennent de tous les points de la Méditerranée; la Commune n’est en effet que le lieu de convergence d’intérêts privés multiples et le cadre souple qui essaie de coordonner les actions d’une société marchande avant tout.
Aussi l’empire byzantin n’est-il pour elle qu’un marché comme un autre, attrayant et essentiel lorsque les grands axes du commerce international y débouchent, mais secondaire lorsqu’ils s’en écartent.
Les autorités génoises doivent toutefois tenir compte de toutes ces communautés de ressortissants, établies de la mer Egée à la mer de Tana, et sur lesquelles elle exerce une protection jugée parfois pesante.
Car les intérêts des Génois et de leurs concitoyens d’Outre-Mer divergent bien souvent.
Il en résulte une politique ondoyante, hésitante, dictée par des soucis mercantiles, mais soucieuse aussi de tous les accommodements possibles pour préserver des intérêts commerciaux.
Aucune ligne ferme, aucun parti pris, mais un pragmatisme qui ne concorde pas toujours avec les intérêts supérieurs de la chrétienté et qui saisit avec clairvoyance toutes les occasions de faire des affaires avec l’ami d’hier ou l’ennemi de demain.
Source : storiapatriagenova.
Hyperpérion représentant Michel VIII Paléologue en bas à gauche, s'agenouillant devant le Christ à droite, l’Archange Michel derrière lui.
Michel VIII Paléologue (1224-) est un empereur byzantin du xiiie siècle qui règne entre 1261 et 1282.
Michel VIII est co-empereur de Nicée de 1259 à 1261, puis empereur byzantin de 1261 à 1282.
Il usurpe le trône de Nicée au souverain légitime Jean IV Lascaris.
Son passage au pouvoir est souvent considéré comme le dernier grand règne de l'Empire byzantin.
Il reprend Constantinople et rénove la cité impériale.
Ensuite, grâce à une diplomatie habile, il évite une croisade contre l'Empire.
Il utilise d’ailleurs bien plus la diplomatie pour régler ses différends que la manière forte à l'image des Vêpres siciliennes, dont il est un facteur déclenchant important, mais auxquelles il ne participe pas directement.
Cependant Michel VIII commet plusieurs erreurs, par exemple en supprimant les colons militaires sur la frontière avec les Seldjoukides pour épargner aux finances byzantines déjà bien mal-en-point une dépense supplémentaire.
À l'intérieur de l'Empire, il rénove certes Constantinople mais contribue par le renvoi du patriarche Arsène Autorianos à créer une grave crise religieuse qui perdure bien après la mort des deux protagonistes.
De plus, son alliance avec Gênes, en octroyant à la cité italienne de grands privilèges commerciaux dans l'Empire byzantin, empêche le relèvement économique de ce dernier et participe ainsi à sa future chute.
Source : wikipédia.
Alexis Ier Comnène, détail d'une miniature d'un manuscrit de la Panoplie dogmatique d'Euthyme Zigabène, xiie siècle, Bibliothèque apostolique vaticane,
Manuel Ier Comnène, né le 28 novembre1118, mort le est un empereur byzantin (1143-1180) à une période charnière pour l’Empire.
Manifestant sa volonté de le restaurer dans sa gloire passée et de réaffirmer la suprématie byzantine sur le monde méditerranéen au xiie siècle, Manuel poursuit une politique étrangère ambitieuse et énergique.
Pour ce faire, il s'allie au pape et aux puissances occidentales montantes, envahit l'Italie, maîtrise le passage de la deuxième croisade à travers son empire et établit un protectorat byzantin sur les royaumes croisés d'Outremer.
Faisant face au djihad islamique en Terre sainte, il soutient le royaume de Jérusalem, notamment lors de l'invasion de l'Égypte fatimide.
Manuel recompose la carte politique des Balkans et de la Méditerranée orientale en plaçant les royaumes de Hongrie et d'Outremer sous l'hégémonie byzantine et en menant des campagnes militaires aussi bien à l'ouest qu'à l'est.
Toutefois, vers la fin de son règne, les réalisations de Manuel en Anatolie sont compromises par la défaite à la bataille de Myriokephalon.
L'historien latin Guillaume de Tyr décrit Manuel comme sage, bon et le décrit comme un glorieux empereur, " sauvegardant le monde ". »
Il apparaît comme un héros dans une histoire écrite par son secrétaire Jean Cinnamus et chez qui on retrouverait toutes les vertus : du courage au combat, en passant par l'intelligence, l'humanité, jusqu'à des compétences en philosophie et même en médecine.
Jean Phokas, un soldat qui combat dans l'armée de Manuel, le décrit comme un glorieux empereur, « sauvegardant le monde »
Manuel est de plus renommé pour son charisme et son affinité pour l'Occident, ce qui l'amène à organiser des joutes équestres et même à y participer, chose inhabituelle pour les Byzantins.
Il est représentatif d'un nouveau genre de souverains byzantins dont la pensée est influencée par les croisés occidentaux.
Homme de guerre accompli et doté d’un grand courage, Manuel s'est consacré aux armes tout au long de son règne avec diverses fortunes.
Source : wikipédia.
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