ALCIDE QUILICI.
ALCIDE QUILICI.

Photo expédiée par le soldat Maleysson de Blavozy (43) ami de mon grand-père à ses parents le 07/11/1915. 


Incorporé au 3ème régiment de zouaves, il s’apprêtait à embarquer et écrivait:


"ils nous ont vacciné dans l'épaule contre l'antiparatyphoïtique et nous ont donné 2 jours de repos mais nous en avons bien besoin car on ne peut pas bouger le bras gauche".


Pour info, le pantalon appelé sarouel était rouge garance tandis que la veste appelée bedaïa était bleue avec des tresses garance.

Le keffieh aussi était rouge.

La discrétion n'était pas de rigueur à l'armée et les pauvres faisaient des cibles bien visibles pendant que les généraux tel Nivelle se planquaient.

 

 

 
Mon grand-père a fait toute la guerre de 14/18, il n'en a jamais parlé et je pense qu'il faisait parti du 
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" 2e zouave constitué à Sathonay-Camp qui appartient à la 37e division d'Afrique avec un 1er bataillon parti d'Oran et les 5e et 11e, sous le commandement du colonel Godchot."
Il n'est allé en Afrique que plus tard, mais il existait un bataillon de tirailleurs et chasseurs corses dont il faisait parti sûrement. 
L'uniforme des zouaves, inspiré de la tenue traditionnelle masculine algérienne est fixé en 1831 par le général Lamoricière et dessiné par le commandant Duvivier.
Cet uniforme des zouaves, très élaboré, ne changera pratiquement pas de 1830 à 1962.
Mais à partir de 1915, il ne sera plus que la tenue de tradition, porté pour les cérémonies et prises d'armes.
En effet si son exotisme participa à la notoriété des zouaves, il se révèle peu pratique pour un usage militaire.
Il se compose d'une coiffe arabe dite « chéchia », sorte de bonnet de feutre rouge, agrémenté d'un gland à franges de couleur variable jusqu'au Second Empire puis bleu moyen par la suite, et d'un turban de coton blanc roulé en boudin autour de la chéchia.
La « bedaïa », veste-boléro de forme algérienne, en drap bleu foncé avec passepoils et tresses garance, est portée sur le « sédria », gilet algérien sans manche en drap bleu foncé à tresses garance.
Le « tombô » de la veste, sorte de fausse poche dessinée par une arabesque formée par la tresse décorative, est à la couleur du régiment.
Le pantalon arabe, le « sarouel » (dit aussi « saroual », « seroual » ou encore « serouel ») est d'une forme très ample et sans séparation d'entre-jambe.
Il possède même un trou au fond, le « trou Lamoricière », prévu pour laisser écouler l'eau lors des passages de rivière.
Une ceinture de laine bleu indigo vient s'enrouler à la jonction du bas du gilet et du haut du sarouel (cette ceinture est destinée à tenir les intestins au chaud pour lutter contre la dysenterie).
La ceinture, qui mesurait 40 centimètres de large pour quatre mètres de long, était l’élément le plus difficile à mettre, le zouave devant souvent appeler à l’aide un de ses compagnons.
En guise de manteau, le zouave possède un collet à capuchon, sorte de pèlerine ample mais courte, fabriquée en drap de couleur « gris de fer bleuté ».
De hautes guêtres de drap bleu foncé ou de toile blanche selon la saison ou la circonstance, portées avec des souliers cloutés de cuir noir, complètent la silhouette du zouave.
Les guêtres sont remplacées vers 1905 par des bandes molletières en drap de la couleur du collet.
Le style de cet uniforme, partagé avec les troupes indigènes de tirailleurs et de spahis en Algérie, variant totalement de celui des autres troupes d'infanterie française, a pour origine le style vestimentaire des populations kabyles de l'époque, dont la tenue traditionnelle s'inspirait très largement de celle des envahisseurs turcs qui occupaient le pays depuis des décennies.
Cet uniforme que portent les zouaves, a une implication des plus importantes dans l’esprit de corps de ces hommes hors du commun à forte proportion d’engagés volontaires et de rengagés, ce qui explique la ténacité, la force et la cohésion au sein des divers régiments.
De ce fait la tenue « à l’orientale » si remarquable ne subira pratiquement aucune modification, du moins pour la troupe, pendant toute sa période de dotation.
Une tenue aussi étrange et romantique tient plus d’une mode et d’une fascination pour les choses exotiques lors de la dernière moitié du xixe siècle, que d’une réelle exigence bien fondée et raisonnable en termes d’habillement militaire.
Ainsi l’on tente de concilier l’inconciliable, car le zouave a besoin d’une tenue chaude pour les nuits fraîches et d’une tenue fraîche pour les journées chaudes.
Et ces effets comportent énormément de défaillances : son pantalon large s’accroche dans les broussailles, veste et gilet découvrent le cou, le collet à capuchon ne protège pas les jambes ni les cuisses du froid et de la pluie, et la chéchia ne protège contre rien... et pourtant, le prestige eut le dessus.
 
À partir de fin 1914, alors que les régiments métropolitains adoptent dans l'urgence de nouveaux effets en drap bleu horizon, le drap kaki est octroyé en priorité aux régiments de l'armée d'Afrique et à une partie des troupes coloniales.
Tout d'abord de teinte allant du marron jaune au vert caca d'oie, la nouvelle tenue des zouaves relègue l'uniforme oriental aux effets de sortie ou de prise d'armes.
Le « sarouel » adopte une forme moins ample et à jambes séparées, dite « culotte cycliste » ou « culotte russe », la veste de coupe européenne remplace les effets arabes, les chéchias, lorsqu'elles ne sont pas remplacées par le casque Adrian, modèle 1915, sont masquées par des manchons de toile sable ou cachou.
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