BERNARD POLI COMMANDEMENT DE LA PLACE ET DU FORT DE GAVI.

BERNARD POLI COMMANDEMENT DE LA PLACE ET DU FORT DE GAVI.

Mon séjour à Gavi.

Au mois de Juin de l'année 1812, je pris le commandement du Fort et de la place de Gavi.

Cette ville, éloignée de Gênes d'environ vingt quatre milles italiens (huit lieues) renferme une population de six mille habitants.

Elle est baignée par la rivière du même nom.

Sa position en fait une place forte très importante, et ses fortifications, dominant le pays d'alentour semé de villas magnifiques, la rendent formidable à l'aristocratie génoise.

L'éloignement du théâtre de la guerre laissant cette partie de l'Italie dans une paix profonde, je pus, sans nuire aux intérêts de mon commandement, prendre maison à Gênes, et je m'y trouvai bientôt en relation avec les familles les plus riches et les plus influentes.

Alors le régime impérial prêtait à Gênes une prospérité immense et un éclat qu'elle n'a plus retrouvés.

Cette ville, aujourd'hui déchue de son importance commerciale et politique, pouvait, sous l'Empire, passer pour le séjour le plus agréable de toute l'Italie.

Ce n'étaient que bals, concerts, cavalcades, parties de campagne.

De temps à autre, le prince Borghese, quittant sa résidence de Turin, arrivait à l'improviste entraînant la société génoise dans un tourbillon de plaisirs toujours nouveaux.

On se livrait aveuglément à la joie.

Il semblait, à voir cette jeunesse s'oublier si follement dans les plaisirs, que, pressentant le peu de durée de son règne, elle se pressait d'épuiser la coupe des jouissances en attendant les temps mauvais.

Bien qu'emporté moi-même par le tourbillon, je regrettais les jours perdus dans cette vie oisive.

 

Camille Borghèse (Camillo Filippo Ludovico Borghese), né le 19 juillet 1775 à Rome, mort le 10 avril 1832 à Florence, prince romain, prince de l'Empire, était général d'Empire et beau-frère de Napoléon Ier.

Camille Borghèse (Camillo Filippo Ludovico Borghese), né le 19 juillet 1775 à Rome, mort le 10 avril 1832 à Florence, prince romain, prince de l'Empire, était général d'Empire et beau-frère de Napoléon Ier.

Espérant me rapprocher des lieux où se décidaient les grandes affaires, je sollicitai un changement de position mais sans rien obtenir.

Il me fut répondu, de la part de l'Empereur, que ma place était marquée à Gavi jusqu'à nouvel ordre.

Dès lors, il fallut me résigner et je continuai à prendre du bon temps comme les autres.

Tandis qu'on dansait à Gênes, on se battait en Allemagne.

L'étoile de l'Empereur commençait à pâlir, et les revers de la grande armée vinrent m'émouvoir jusque dans ma retraite.

Bientôt, les événements se précipitèrent.

L'Empire était envahi, et l'orage s'approchait de nous.

Déjà les positions d'Albaro étaient sur le point d'être emportées, c'est-à-dire que l'ennemi était à trois jours de marche de Gavi.

Il était temps ou jamais de prendre la défensive.

BERNARD POLI COMMANDEMENT DE LA PLACE ET DU FORT DE GAVI.

Le 15 avril 1814, je reçus du Général, Baron de Fresia, commandant extraordinaire des forteresses du littoral, l'ordre de mettre en état de siège la ville de Gavi.

Les ordres que je recevais, bien que précis, n'en étaient pas moins fort alarmants.

Il était facile, à l'examen des dépêches, de démêler le trouble qui les avait dictées.

La démoralisation s'était emparée des esprits les plus fermes.

A chaque instant me survenaient de nouvelles instructions.

C'étaient des lambeaux de papier souvent illisibles, des avis écrits au crayon, des lettres d'autant plus énergiques et encourageantes qu'elles ne portaient point de signature.

Mais malgré tous ces indices d'un désastre inévitable et bien des difficultés d'approvisionnement et d'argent, dont il est inutile de parler, je ne me laissai point abattre.

Ma tête se monta, et je résolus, dussé-je m'ensevelir sous les ruines de la place, de ne la rendre que sur l'ordre exprès de l'Empereur.

J'assemblai mon conseil de défense.

Il fut décidé à l'unanimité que la garnison serait tenue sur le pied de guerre, et je fis proclamer la mise en état de siège de la ville de Gavi.

Dans d'aussi cruelles conjonctures, je reçus deux nouvelles le même jour :

- L'entrée des Alliés à Paris et l'évacuation de Gênes par nos troupes.

Fresia, cédant à des forces trop supérieures, avait abandonné la ville à Lord Bentick, Général en chef de toutes les forces anglaises dans la Méditerranée.

Alors parut l'ordre du jour, émané du Gouverneur général au-delà des Alpes, proclamant l'armistice conclu entre le Roi de Naples, le Maréchal de Bellegarde et Lord Bentick, prescrivant à tous les chefs des corps d'armée et des subdivisions militaires de donner leur adhésion aux grands événements qui venaient de se passer en France, et d'arborer la cocarde blanche.

Pour toute adhésion à cet ordre du jour je me mis sérieusement à intercepter les communications avec Gênes.

Je fis arrêter deux courriers, l'un de Turin, l'autre de Milan, faisant main basse sur tout ce qu'ils portaient d'officiel.

Puis j'arrêtai successivement plusieurs convois destinés à Gênes, tels que 10.000 sacs de blé et un grand troupeau de 1.200 bœufs.

Cette capture nous fut d'un grand secours ;

- car les Anglais n'étaient plus qu'à quelques milles, et nous étions privés de toutes relations avec les grands centres d'approvisionnement, occupés par l'ennemi.

Lord Bentick, averti de la continuation des hostilités, avait dirigé des forces du côté de Gavi.

Ses officiers d'Etat-major, munis de pleins pouvoirs pour négocier, s'empressèrent d'entrer en pourparlers avec moi.

Les offres les plus brillantes me furent faites de la part du Général en Chef.

Ils me peignirent des plus vives couleurs les effets de mon inutile résistance.

Je fus inflexible.

Je déclarai ne vouloir rendre la place que sur l'ordre de mon souverain.

Ils me répondirent que mon souverain légitime était Louis XVIII, que le Général Bonaparte était souverain de l'île d'Elbe et rien de plus.

« Lisez donc les papiers publics », me disaient-ils.

« Est-ce que je me fie aux papiers publics ! » répondais-je.

Cette fermeté obtint des officiers anglais une concession iuouïe.

Il fut décidé que deux officiers d'ordonnance de ma garnison partiraient en toute hâte pour prendre des instructions à Paris et à l'île d'Elbe.

Je promis de me déterminer suivant le succès de leur mission.

On attendit.

William Henry Cavendish-Bentinck, connu comme Lord William Bentinck

William Henry Cavendish-Bentinck, connu comme Lord William Bentinck

 

Deux jours après, je reçus de Lord Bentick une proposition singulière accompagnée d'une offre assez engageante.

Il ne s'agissait, que de donner passage à un régiment de cavalerie de son armée et à quatre pièces de canon.

Les Anglais voulaient seulement arriver à Alexandrie avant les Autrichiens.

Je refusai une somme de dix mille louis destinée à payer ma complaisance.

Cette somme paraîtra peut être forte.

Mais si l'on tient compte du riche matériel dont Alexandrie était encombrée:

- on trouvera que les Anglais n'auraient rien perdu au marché.

Malgré la confiance à toute épreuve que j'affectais, je n'ai pas besoin de dire que je ne m'abusais pas sur la nature des événements.

Je ne savais que trop que les Bourbons étaient maîtres de Paris et de toute la France et quel abîme je pouvais creuser devant moi.

De plus, la garnison de Gavi, presque entièrement composée de Provençaux, me causait de sérieuses inquiétudes.

Mais mon parti était pris ; et pourvu que le pavillon tricolore flottât sur la ville et le fort que je commandais, le reste me touchait peu.

C'est alors que la faction anglaise enhardie par la présence de l'ennemi, leva la tête dans cette ville.

La vue importune du drapeau national, mon impassibilité apparente, contribuait à l'exaspérer.

Bientôt elle ne garda plus de mesure.

Elle résolut de m'assassiner, et on va voir jusqu'à quel point ce dessein lui réussit.

Le chef de ce complot, tramé par des gens qui se réjouissaient de n'être plus Français dans le doux espoir de redevenir sujets légitimes du gracieux Roi de Sardaigne, était le maire de Gavi, M. Nassi.

Celui-ci, qui du reste se proclamait hautement mon meilleur ami, n'était rien moins qu'un fanatique champion de l'étranger.

Il faut lui rendre cette justice.

Ce n'était pas en réalité pour son roi qu'il agissait, c'était pour son propre compte.

Lui aussi pouvait être compté dans cette classe d'hommes qu'on voit s'élever tout à coup sur les ruines d'un pouvoir ébranlé.

Et toujours ses plus chaudes sympathies étaient réservées au gouvernement qui se levait.

Cet homme poussait l'impudence jusqu'à rire avec ses amis de son manque de foi politique, qu'il appelait une faiblesse.

Jacobin fougueux, portant la carmagnole et le bonnet rouge, il avait été la terreur de sa ville pendant la première révolution.

Puis, Napoléon exalté, et maire dans la glorieuse période de l'Empire, il tourna définitivement à la légitimité lorsque nos désastres lui eurent prouvé qu'il n'avait plus rien à gagner sous l'autre régime.

J'ajouterai qu'à l'aide de ces habiles manœuvres, M. Nassi qui ne possédait pas un sou de propriété à son début dans la carrière politique, se voyait alors à la tête d'une fort belle fortune, ayant équipage, laquais, et le plus beau palais de Gavi.

Sachant les Anglais à une journée de la ville, M. Nassi comprit qu'il fallait se hâter de peur d'être confondu avec les Bonapartistes.

Il courut vers Lord Bentick, protesta de son dévouement et se mit à traiter de la reddition de la place, lui qui n'était plus rien, comme autorité civile, depuis la mise en état de siège.

En même temps, il m'écrivait des lettres passionnées d'amitié et remplies de sollicitude pour ma personne.

Je lui répondais sur le même ton, mais, tout en ayant l'air d'être sa dupe, j'avais auprès de lui des personnes sûres qui m'éclairaient sur toutes ses démarches.

Ne pouvant croire au dévouement absolu chez les autres et jaloux de se donner le mérite de ma conversion, il cherchait de temps en temps à éprouver ma constance par de légères contrariétés.

Je ne citerai qu'un fait à cet égard.

Un intrigant de sa portée n'avait pu tarder à devenir l'oracle du camp anglais.

Rien ne s'y faisait que d'après ses conseils.

L'Etat-major de l'armée de blocus s'était établi dans la Villa Cambiagi.

Le Prince Cambiagi avait offert courtoisement sa délicieuse résidence aux officiers anglais.

Ceux-ci en avaient fait leur quartier général.

C'était une de ces maisons de campagne telles qu'on n'en voit que dans le territoire de Gênes, et dont le luxe et la profusion des ornements défient le pinceau le plus riclie.

M. Nassi fit si bien qu'il engagea le major Brinstiel à arborer, un matin, le pavillon blanc sur le faîte du palais.

Il s'agissait de voir comment je prendrais la chose.

Malheureusement, la villa Cambiagi était à portée de notre canon.

Apercevoir la bannière et me disposer à venger l'insulte fut l'affaire d'un moment.

En un clin d'œil une grêle de boulets tomba sur le drapeau et sur la villa.

Etourdis d'un tel orage, les officiers de Lord Bentick mirent bien vite les parlementaires en campagne.

Mais le feu ne cessa qu'à l'instant où le pavillon eut disparu.

Je ne regrettai dans cette affaire que les dommages causés à la propriété du prince Cambiagi, mon ami, et avec lequel j'avais dîné bien souvent dans ces magnifiques salons que nos boulets venaient de ravager.

C'était douloureux ; mais, en guerre, regarde-t-on à un palais de marbre de plus ou de moins !

Bien que j'eusse déjoué de la sorte quelques-unes de ses machinations, M. Nassi n'était pas homme à perdre de vue le dénouement tragique qu'il me préparait.

Malgré les avertissements que je reçus, j'avoue que je donnai tête baissée dans son piège.

Comment croire, en effet, qu'il aurait l'audace de se servir des officiers anglais comme d'instruments passifs, et qu'il irait dresser sa dernière batterie derrière leur loyauté !

J'aurais dû pourtant mieux me tenir sur mes gardes, car jamais ses billets n'avaient été plus tendres, jamais notre correspondance n'avait été plus active.

Il apprit que je devais avoir, le dimanche 24 avril, une entrevue avec le major Brinstiel à l'ancien palais de la Mairie, sa propre maison.

Cette donnée lui suffit pour assurer ma perte.

Ce jour-là, le peuple affluait dans la ville, la solennité du dimanche, la curiosité, l'émotion causée par les événements politiques, avaient attiré à Gavi tous les contadini (paysans) des environs, dont il avait su gagner un grand nombre.

En me rendant au palais Nassi je remarquai bien quelque agitation dans la foule, mais il ne me vint pas à l'esprit que la tranquillité pût être sérieusement menacée.

Le major Brinstiel se trouvait au rendez-vous.

Tandis que je causais avec cet officier, une rumeur, sourde d'abord, puis de grandes clameurs arrivèrent à nos oreilles.

J'écoute et j'entends distinctement le tocsin qui sonne.

L'insurrection éclatait ; bref j'étais au pouvoir de Nassi.

Il n'avait pas plus tôt appris mon arrivée dans sa maison qu'il avait posté ses complices à tous les abords de manière à ce que je ne pusse me dérober à leurs coups.

Quant à lui, accompagné de son fils, de son neveu et d'une troupe de paysans, il était entré, le pistolet au poing, au milieu du Conseil Municipal que la gravité des circonstances tenait rassemblé en permanence à l'Hôtel de Ville.

Ayant chassé les magistrats de la salle des délibérations, il harangue le peuple des fenêtres qui donnent sur la place, l'excite à prendre les armes, lui montre son palais en me désignant à la vengeance des habitants.

Alors, les officiers et les soldats français épars dans la ville sont attaqués.

Le sang coule.

Les honnêtes gens, comme d'ordinaire, se renferment dans leurs maisons.

Bientôt je fus enveloppé par les assassins.

Sans autre espoir que de vendre chèrement ma vie, je les reçus bravement, l'épée à la main, et je me défendis de mon mieux.

Ils avaient fermé les portes.

Blessé, affaibli par la perte de mon sang, ils n'avaient plus qu'à m'achever, quand tout à coup les portes furent enfoncées par nos soldats dont un fort détachement était sorti de la forteresse au pas de course.

Les misérables furent culbutés par les escaliers et allèrent porter l'épouvante chez leurs exécrables amis.

Les soldats, exaspérés, voulaient se venger sur la ville.

Nous eûmes toutes les peines du monde à les calmer.

Enfin l'émeute fut étouffée.

M. Nassi parvint à s'échapper.

Il se réfugia dans le camp anglais.

Cette journée coûta la vie à quelques personnes.

Que leur sang retombe sur les promoteurs du désordre !

J'ai dit quelques-unes des traverses qui venaient m'ébranler dans ma résolution.

Cependant, l'affaire du 23, ayant tourné à la confusion de nos ennemis, me donna cette force qui appuie toujours un pouvoir contre lequel une tentative de révolte a échoué.

Ce fut en vain que je reçus, de tous côtés, des lettres de doléance sur ma blessure.

Le colonel Catinelli, au service des Anglais, m'offrit le médecin de son régiment.

Le major Brinstiel, témoin de l'attentat, m'écrivait qu'il en était désolé.

Je redoublai d'énergie.

J'annonçai qu'après ce qui était arrivé, je ne pouvais plus me fier à personne.

Mais comme je voyais qu'en ne laissant rien percer de mes desseins sur les bons habitants de Gavi, la terreur planait sur la ville, je m'empressai de tranquiliser les gens paisibles par une proclamation rassurante.

Mais, hélas ! un de mes émissaires était de retour.

Il avait vu l'Empereur à l'île d'Elbe, et en avait apporté l'ordre suivant :

"Le Commandant Poli n'a plus qu'à se conformer aux circonstances. Il viendra me joindre à Porto-Ferrajo".

Dès lors ma mission fut terminée et je me crus dégagé de mon serment.

Victor-Emmanuel Ier de Savoie, né à Turin le 24 juillet 1759, mort à Moncalieri le 10 janvier 1824, est roi de Sardaigne, prince de Piémont et duc de Savoie de 1802 à 1821. Il est le fils de Victor-Amédée III et de Marie-Antoinette d'Espagne.

Victor-Emmanuel Ier de Savoie, né à Turin le 24 juillet 1759, mort à Moncalieri le 10 janvier 1824, est roi de Sardaigne, prince de Piémont et duc de Savoie de 1802 à 1821. Il est le fils de Victor-Amédée III et de Marie-Antoinette d'Espagne.

Je traitai de l'évacuation qui fut fixée au 8 mai.

Les arrangements de provisions et d'argent furent réglés selon la coutume.

La garnison eut les honneurs de la guerre.

Les troupes se dirigèrent vers Nice sous le commandement de M. Roux, chef de bataillon.

Et moi, je me rendis a Gênes pour me remettre un peu de ma blessure.

J'y trouvai Lord Bentick qui m'avait fait prier de l'aller voir.

Le Lord me reçut en frère d'armes.

Je fus touché de l'intérêt qu'il me témoigna.

Il m'offrit, de la manière la plus engageante, du service en Angleterre, me promettant un avancement rapide.

Je ne crus pas à propos de lui faire connaître le motif secret qui m'empêchait d'accepter ses offres :

« Mylord, lui dis-je, la Corse a-t-elle été donnée à l'Angleterre ? »

— Non, me répondit-il, les traités la laissent à la France.

« En ce cas, Mylord, pardon, mais je me suis promis de ne servir jamais d'autre puissance que celle dont la Corse ferait partie ».

— Ainsi, vous, vous serviriez les Bourbons ? me dit-il avec un mouvement de surprise. Je vis qu'il prenait feu.

« Mais, Mylord, je subirai un joug accepté par la France entière ».

- Servir cette lâche famille des Bourbons, vous, un officier de la République et de l'Empire ?

« Que faire, puisque la Révolution est finie ».

— Finie ? reprit-il avec une vivacité qui m'étonna.

__ Finie ? y pensez-vous, Monsieur le Gouverneur ? Le mouvement révolutionnaire de l'Europe n'est pas encore commencé !

En rapportant les propres paroles de Lord Bentick je laisse à penser l'impression qu'elles tirent sur moi.

Quelque étranges qu'elles paraissent, prononcées à cette époque et par la bouche de ce personnage appartenant à la classe aristocratique, et Général en Chef d'une des armées coalisées, elles peuvent s'expliquer par sa position qui lui permettait de voir loin dans les événements.

Pour ce qui est de leur brusquerie et de leur verdeur, il n'y faut voir que la saillie d'un militaire qui sent remuer sa bile en comprenant à quelle cause et à quels hommes il a prêté son épée.

Avant de nous séparer, le Lord me fit accepter une magnifique paire de pistolets.

Enfin je sortis d'auprès de sa personne charmé de son caractère et emportant beaucoup d'estime pour un si loyal ennemi.

Lord Bentick s'empressa de faire tenir à mon épouse un passeport, revêtu de sa signature, pour elle, ses demoiselles de service et ses domestiques.

Elle se rendit à Ajaccio sur un navire de guerre anglais, que le Commandant de la flotte avait mis à sa disposition.

De mon côté, après un court séjour à Gênes, pendant lequel je terminai quelques arrangements relatifs à mon commandement de Gavi, je partis pour l'île d'Elbe.

 

 

Source : Gallica BNF.

(Archives Départementales. Série M — F. 7 — C. 96)

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