HISTOIRE DE LA PALESTINE.
HISTOIRE DE LA PALESTINE.
Antiquité.
A la période néolithique, (3000 ans avant J.C), le territoire désigné aujourd'hui Palestine est habité par les Cananéens.
L'existence de la cité cananéenne Ourousalim (rebaptisé Yéroushalayim, Jérusalem, lorsqu'elle sera finalement conquise par David ~1000) est évoquée dans des écrits datant de 2000 avant J.C.
C'est dans la partie du IIe millénaire que la civilisation cananéenne se retrouvent sous l'influence des populations sémites originaires de Mésopotamie puis des Egyptiens.
Elle prend fin lors de l'invasion de la zone côtière de Gaza par les Philistins en -1175, suivie de l'invasion des Hébreux venus d'Égypte sous la conduite de Moïse.
Après la mort de Salomon, fils de David, l'État hébreux est divisé en deux avec le Royaume d'Israël au nord et Juda au sud.
Plus tard, le schisme des deux royaumes devient inévitable, Israël disparaît sous les Assyriens en -722.
L'Empire assyriens s'écroule vers -609, laissant place à la puissance babylonienne.
Jérusalem est prise, son temple détruit et le royaume de Juda devient province babylonienne, puis passe sous l'emprise perse,avec Cyrus, qui autorise le retour d'exil aux juifs.
Beaucoup ne rentreront pas, peu attirés par la situation économique de Judée.
Les Séleucides, descendants d'Alexandre le Grand, contrôle la région au IIIe siècle avant J.C. De nombreux grecs s'installent et la communauté juive devient minoritaire.
Au début du premier siècle, naît Jésus, un juif dont la vie est l'origine du Christianisme.
Sous la domination romaine, la Palestine fût agitée par deux révoltes juives, dont l'échec conduit à l'expulsion des Juifs de Judée.
Découpage administratif de l'Empire byzantin, suivant les limites des diocèses de Palaestina Prima et Palaestina Secunda, vers la fin du ive siècle.
IVème siècle : montée du christianisme, la Palestine devient Terre Sainte
VIIème siècle : Les Arabes conquièrent la Palestine et s'y établissent.
Jérusalem est investie et proclamée lieu sacré de l'Islam.
XIIIème siècle : la Palestine est dirigée par les Mamelouks venus d'Égypte. La population musulmane devient majoritaire.
La conquête ottomane
1516 : La Palestine est conquise par les ottomans et fait partie pour quatre siècles des provinces arabes de l'Empire
1830 : Ibrahim Pacha, fils de Mohammed Ali, gouverneur d'Égypte, envahit la Syrie et la Palestine.
Il dirige ces deux pays jusqu'en 1840. La culture arabe se développe.
1840 : Fin de l'occupation égyptienne et restauration de l'autorité ottomane.
Dans la deuxième moitié du siècle, on assiste au déclin de l'Empire Turc.
Les Arabes établissent des organisations secrètes pour s'opposer aux dirigeants de l'Empire qui laisse le peuple dans la famine.
C'est à ce moment que les Arabes réclament leur indépendance et la création d'un État afin qu'il puisse conserver leur culture et devenir propriétaire de leurs terres qui appartiennent jusque-là aux dirigeants de l'Empire.
A cette même époque, on dénombre un demi million de personnes en Palestine.
90 % sont des Arabes.
Le Yishouv, la communauté juive de Palestine, représente alors 5 % de la population.
1896 : naissance du sionisme.
Le mouvement sioniste est stimulé par la vague antisémite qui sévit en Europe et une action politique directe est engagée par Theodor Herzl qui se donna pour but "l'établissement en Palestine d'un foyer pour le peuple juif, garanti par la loi publique".
L'action du mouvement sioniste entraîne un mouvement migratoire vers la Palestine.
La première colonie agricole juive s'installe près de Jaffa en 1882.
Les pionniers s'installent sur des terres, en général inexploitées auparavant, qui ont été achetées par l'Agence juive pour la Palestine et le Fonds national juif , chargé de collecter des fonds auprès de la Diaspora.
1897 : premier congrès mondial à Bâle réunit par Herzl. Constitution de l'Organisation sioniste mondial. Le sionisme devient une volonté de conquérir une identité politique et territoriale, la réaffirmation des "droits éternels" après 20 siècles d'exil
1916 : Accords Sykes-Picot : ils prévoient le partage du Proche-Orient entre la France (Syrie, Liban) et l'Angleterre (Jordanie, Irak).
La société des Nations confie le mandat sur la Palestine à la Grande-Bretagne en 1917.
Après avoir aidé les Arabes dans leur révoltes contre les ottomans et avoir promis la constitution d'un grand royaume arabe unie, la Grande Bretagne va faciliter le retour des Juifs en publiant la déclaration Balfour , qui promet la constitution d'un foyer national juif en Palestine.
Le jeu complexe et contradictoire des Britanniques attise le conflit entre Arabes et colons juifs.
En 1919, on compte près de 80 000 juifs face à 570 000 musulmans et à plus de 70 000 Arabes chrétiens.
1922 : Les Britanniques séparent la Transjordanie de la Palestine pour en faire un royaume semi-autonome.
1933 : l'arrivée d'Hitler au pouvoir et la pression de l'antisémitisme nazi pousse de nombreux Juifs à se réfugier en Palestine.
Le nombre annuel d'immigrants passe de 5000 en 1930 à près de 62 000 en 1935.
Cela entraîne une révolte arabe (1936-1939) et une vague de terrorisme.
Seconde guerre mondiale : pendant la guerre, les organisations juives intensifient leurs efforts. En 1942, le chef du mouvement sioniste, sur ordre de David Ben Gourion, demande, pour la première fois, que la création d'un État juif en Palestine soit l'un des enjeux de la guerre.
En 1946, on recense 600 000 juifs. Le nombre de colonies juives avoisine les 300 à la fin de la guerre et représentent 8% des terres.
Les Britanniques qui payent le prix fort pour le maintien de leurs troupes en Palestine envisagent de se retirer.
Incapables de trouver un arrangement entre les deux parties, ils décident de porter l'affaire devant les Nations-Unies.
Un rapport est rédigé en 1947 et l'ONU adopte un plan de partage de la Palestine.
Ce partage montre un déséquilibre flagrant en faveur d'un futur État juif.
Alors que les juifs représentent moins d'un tiers de la population et possèdent moins de 6% des terres, ils se voient attribuer 57% du territoire total de la Palestine, 80% des terres céréalières et 40% de l'industrie de la Palestine.
Dès l'annonce du partage de la Palestine par l'ONU, une véritable guerre éclate entre Palestiniens et Juifs.
Les premiers affrontements tournent à l'avantage des Palestiniens qui encerclent les colonies juives et isolent des grandes villes. Mais fin mars, alors que l'on compte déjà 2 000 morts, les forces juives reprennent l'offensive.
14 mai 1948 : alors que de violents affrontements éclatent un peu partout en Palestine, la Grande-Bretagne décide de mettre fin à son mandat et quitte la Palestine.
David Ben Gourion proclame immédiatement la création de l'état d'Israël dans le cadre des frontières délimitées par l'ONU. Il est reconnu par de nombreux États dont la France, les USA, l'URSS. l'État arabe, prévu lui aussi par l'ONU, ne voit pas le jour.
La spirale fatale des conflits israélo-arabes commencent.
Le 15 mai 1948 : la guerre éclate.
Elle débute dès la fin officielle du mandat britannique en Palestine qui précède de peu la proclamation par David Ben Gourion de l'État d'Israël le 15 mai 1948.
Les armées de l'Égypte, du Liban, de la Syrie, de l'Irak et de la Transjordanie envahissent le territoire de l'État hébreu.
Les "Forces de défense d'Israël" (Tsahal) disposent d'effectifs doublés grâce à une mobilisation exceptionnelle et surtout d'armes lourdes en provenance notamment, grâce à un pont aérien, de la base tchèque de Zatec.
L'État hébreu sort vainqueur du conflit.
Carte des évolutions territoriales entre 1947 et 1949 : l'État palestinien prévu par le plan de partage de 1947 n'est pas créé ; Israël, l'Égypte et la Jordanie se partagent son territoire.
Les accords d'armistice signés par Israël et ses différents adversaires, du 23 février au 20 juillet 1949 entérinent l'agrandissement d'un tiers de l'État juif tel que le plan de partage en avait définie le partage.
Il passe de 14 000 à 21 000 Km;
Israël expulse 900 000 palestiniens.
l'État arabe, lui, n'a pas pas vu le jour.
1955 : attaque israéliennes contre le QG des forces égyptiennes à Gaza
1956 :Israël occupe temporairement la bande de Gaza
1959 : Création du Mouvement de la Résistance palestinienne Fatah de Yasser Arafat
1964 : Création de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine)
1967 : Guerre des Six-Jours.
Elle intervient suite à une succession d'événements qui ont fait monter la pression entre Israéliens et Palestiniens, notamment le détournement des eaux du jourdain, le blocus du golfe d'Aqaba (5% du commerce se faisait par ce port) et les provocations verbales de Nasser.
Se sentant menacé, Israël lance une rapide offensive contre l'Égypte et la Jordanie.
En six jours, les forces armées d'Israël vont infliger à Nasser une lourde défaite. Israël occupe alors toute la péninsule du Sinaï, la Cisjordanie et le plateau du Golan syrien.
On dénombre 200 000 nouveaux réfugiés dans les camps de Jordanie, de Syrie ou du Liban.
C'est à cette période que les mouvements palestiniens prennent de l'importance et se trouve en mesure de se forger leur propre représentation politique, relativement indépendante des pays arabes. Les mouvements qui se fédèrent au sein de l'OLP, pratiquent essentiellement le terrorisme, parvenant à gêner l'État d'Israël. Les pays arabes tolèrent eux-mêmes fort mal l'apparition de cette nouvelle force politique. Les palestiniens sont ainsi chassés brutalement de Jordanie en 1970. Cette répression est nommée :
Septembre Noir (1970)
Agissant depuis la Jordanie, les fedayin (combattants palestiniens) menacent le pouvoir du Roi Hussein.
Le FPLP lance de violentes attaques terroristes.
La présence de ces milices palestiniennes hostiles au régime autoritaire jordanien ajouté au soutien des réfugiés amènent le Roi Hussein à écraser en septembre 1970 ces groupes armés.
Cette répression fait 3500 morts et les Palestiniens sont expulsés vers le Liban et la Syrie. l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), chassée de Jordanie, s'installe avec ses combattants sur le territoire libanais.
Quelque 500 000 Palestiniens vive ainsi au Liban (environ 15 % de la population).
Lors de manifestations, de grèves à partir de 1973 et suite à des intimidations des Fedayin, la droite libanaise ordonne une répression de prévention qui tourne rapidement à la guerre civile qui éclate en 1975 entre les communautés chrétiennes et musulmanes.
Entre temps, la guerre du Kippour éclate (1973) :
Aucune solution de paix n'ayant été trouvée entre Israël et les pays arabes, les fedayin, partisans palestiniens, intensifient les actions de guérilla aux frontières de l'État hébreu, et se lancent dans une succession d'actions terroristes contre Israël (fusillade de l'aéroport de Lod et massacre des athlètes israéliens aux jeux Olympiques de Munich en 1972).
Le 6 octobre 1973, pendant la fête juive de Yom Kippour, l'Égypte et la Syrie attaquent par surprise Israël, dont l'armée subit tout d'abord de sérieux revers avant de lancer une contre-offensive victorieuse contre l'Égypte, du 11 au 15 octobre 1973.
Une résolution américano-soviétique de cessez-le-feu est alors adoptée dans l'urgence par l'ONU, le 22 octobre, et acceptée immédiatement par Israël et l'Égypte, puis, le 24, par la Syrie.
En 1974 et 1975, l'Égypte et Israël signent des accords de désengagement au Sinaï.
1982 : Bombardements et invasion israëlienne au Sud Liban.
La guerre fait entre 10 000 et 30 000 morts.
L'OLP est contrainte de quitter son quartier générale sous la protection de la force multinationale.
En septembre, un massacre à Sabra et Chatila (Beyrouth Ouest), deux camps de réfugiés palestiniens, est opéré par les Forces libanaises (les phalangistes d'extrême droite de Bechir Gemayel), sous la protection de l'armée isrélienne commandée par le Général Ariel Sharon.
Plus de 1 000 personnes sont tuées. Ce massacre marque l'opinion international et sous la pression des nations occidentales, Israël doit faire marche arrière.
Un contingent international remplace les troupes israéliennes.
On assiste alors à une vague d'attentats qui font plusieurs centaines de morts chez les soldats français et américains qui se retirent du Liban en 1984.
1985 : raid de l'aviation israélienne sur le quartier de l'OLP en Tunisie : 70 morts.
1987 : Début à Gaza puis en Cisjordanie de l'Intifada (le soulèvement).
Un accident de la circulation entre un véhicule israélien et un taxi collectif palestinien (dont deux occupants meurent) met le feu au poudre.
De violents affrontements opposent des jeunes palestiniens à l'armée israélienne.
Le gouvernement israélien entend bien "mater la subversion" et l'armée n'hésitent pas à tirer sur les adolescents ou à effectuer des raids contre des villages ou des prisons.
1988 : le roi Husseïn de Jordanie rompt les liens légaux et administratifs de son pays avec la Cisjordanie.
L'Intifada a déjà fait 400 morts et 25 000 blessés.
Au cours de la 19ème cession Conseil National à Alger, l'OLP proclame "l'État" de Palestine et reconnaît les résolutions 181 (partage de la Palestine), 242 et 338 (reconnaissance de l'État hébreux et retrait des Forces juives des Territoires occupées) et renonce au terrorisme. 90 pays reconnaissent "l'État" palestinien.
Yasser Arafat reprend les déclarations du CNP devant l'assemblée nationale des Nations-Unies à Genève et condamne le terrorisme sous toutes ses formes. Les États-Unis sont prêts à ouvrir le dialogue. Israël n'acceptant pas les compromis européens, l'intifada se prolonge jusqu'en 1993.
1993 : Accords d'Oslo
1994 : Signature du traité de paix entre Israël et la Jordanie.
1995 : signature des accords de Taba (ou accords d'Oslo 2).
Assassinat d'Itzhak Rabin remplacé par Shimon Peres.
1998 : Accords de Wye Plantation.
1999 : le candidat travailliste Ehoud Barak l'emporte largement sur le chef du Likoud Benyamin Nétanyahou.
Accords de Charm-El-Cheikh
2000 : Sommet de Camp David
- Le nouveau chef du Likoud, Ariel Sharon, se rend sur l'esplanade des mosquées à Jérusalem De violents incidents éclatent. Le lendemain, une nouvelle intifada débute.
- Moshe Katsav, député du Likoud, est élu huitième président de l'État d'Israël par la Knesset
- Ehoud Barak démissionne.
2001 : Ariel Sharon est élu à la tête du gouvernement d'union nationale par le parlement.
2002 : en mars et avril 2002, Israël décide de réoccuper les territoires autonomes de Cisjordanie en réponse à une série d'attentats suicides.
Les soldats israéliens pénètrent avec les chars à Ramallah et prennent le contrôle de la ville.
De nombreuses maisons sont détruites, le couvre feu instauré et l'armée israélienne refuse l'accès à la ville aux ambulances et aux journalistes.
Plusieurs centaines de palestiniens sont tués par les tirs intensifs de Tsahal.
Ariel Sharon refuse désormais toute forme de dialogue avec Yasser Arafat, qui se retrouve bloquer dans son QG à Ramallah encerclé par les chars de l'armée israélienne.
Le responsable de l'OLP lance des appels à la communauté internationale pour que cesse l'intrusion israélienne dans les territoires autonomes.
Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell se rend en Israël et en Palestine pour encourager un cessez-le-feu immédiat.
Il demande à Yasser Arafat de condamner le terrorisme palestinien et à Ariel Sharon de retirer ses forces armées des territoires autonomes, notamment de Ramallah et de Djenine.
Avril 2002
1er avril: blocus de l'information.
L'armée israélienne a maintenu l'interdiction faite aux journalistes étrangers de travailler dans les zones autonomes palestiniennes.
Multiplication des manifestations anti-israéliennes dans les pays arabes
Multiplication des manifestations en « solidarité avec le peuple combattant de Palestine » dans les pays européens.
2 avril: L'armée israélienne réoccupe la ville autonome palestinienne de Bethléem, après Ramallah, Kalkiliya et Tulkarem.
Mary Robinson, Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, demande l'envoi d'observateurs internationaux et une mission de la Commission des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés.
3 avril: Les ministres des Affaires étrangères de l'UE se réunissent d'urgence à Luxembourg .
Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, demande la convocation d'une conférence internationale.
5 avril: La Commission des droits de l'Homme adopte à Genève par 44 voix pour, deux contre et 7 abstentions, une résolution soutenant le projet de Mary Robinson de se rendre rapidement au Proche-Orient.
8 avril: Malgré l'appel du président Bush à un retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes de Cisjordanie, l'opération "Mur de protection" se poursuit, une semaine après son déclenchement.
Plus d'une centaine de palestiniens ont péri dans les combats qui ont toujours lieu, notamment à Naplouse et à Jénine, deux bastions de la résistance palestinienne.
9 avril: à Jénine, la bataille la plus meurtrière: quelques 200 Palestiniens et 22 israéliens ont été tués
10 avril: les troupes israéliennes ont achevé de se retirer de deux des six villes palestiniennes visées par l'opération "Mur de protection". Tulkarem et Kalkiliya sont désormais encerclées.
Les troupes de Tsahal occupent une nouvelle zone au sud d'Hébron.
11 avril: l'Eglise de la Nativité à Bethléem est assiégée depuis le 3 avril
13 avril: Condamnation par Yasser Arafat de « toutes les actions terroristes contre des civils ».
14 avril: Lors de sa rencontre avec le secrétaire d'Etat Colin Powell, Ariel Sharon propose aux Etats-Unis d'organiser une conférence régionale sur le Proche-Orient à laquelle participeraient un certain nombre de pays (Israël, l'Egypte, l'Arabie saoudite, la Jordanie, le Maroc, les Etats du Golfe et les représentants des Palestiniens).
Ariel Sharon ne mentionne pas l'Union européenne, ni le président palestinien Yasser Arafat, qu'il refuse de considérer comme un partenaire crédible.
15 avril: Arrestation à Ramallah de Marwan Barghouti, chef du Fatah en Cisjordanie, membre du Conseil législatif et un des dirigeants de l'Intifada, par l'armée israélienne.
Soupçonné de diriger les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, un groupe armé proche du Fatah qui a revendiqué plusieurs attentats suicide en Israël, Marwan Barghouti, vivait dans la clandestinité depuis le début de l'offensive israélienne le 29 mars.
18 avril: le secrétaire d'Etat Colin Powell a quitté le Proche-Orient sur un échec
L'autorité palestinienne a accusé Israël d'avoir fait échouer cette mission en refusant de retirer immédiatement et totalement ses troupes des territoires palestiniens réoccupés.
20 avril: Reporters sans frontières dresse un bilan négatif à propos de la liberté de la presse depuis la vaste offensive militaire déclenchée le 29 mars par Israël: entraves répétées, arrestations, menaces physiques...
22 avril: le conseil de sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité la résolution 1405 prévoyant l'envoi d'une "équipe d'établissements des faits" à propos des combats qui se sont déroulés lors de l'offensive de Tsahal à Jénine
depuis le 3 décembre 2001, Yasser Arafat est confiné à Ramallah
23 avril: Israël demande le report de la mission des Nations Unies et veut renégocier la composition de cette mission, qui comprend l'ancien président du Comité international de la Croix-Rouge, Cornelio Sommaruga, jugé hostile à Israël.
Amnesty International évoque désormais le terme de "crimes de guerre" pouvant avoir été commis dans l'attaque du camp de Jénine, le 3 avril.
30 avril: à la demande de George W. Bush, le gouvernement d'Ariel Sharon a accepté de rendre à Yasser Arafat sa liberté de mouvements en échange du transfert, dans une prison palestinienne, sous la garde d'américains ou de britanniques, de six activistes recherchés par Israël.
L'armée israélienne a investi la veille une partie de la ville d'Hébron, en représailles à un attentat contre la colonie d'Adoura.
1er mai: Les six détenus palestiniens (cinq membres du FPLP et un proche de M. Arafat accusé par Israël de trafic d'armes pour l'Autorité palestinienne) quittent le quartier général assiégé de Ramallah dans un convoi de véhicules américains et israéliens.
Ils sont conduits dans une prison palestinienne de Jéricho, où ils seront incarcérés sous surveillance américaine et britannique conformément à l'accord conclu pour lever le siège du QG de M. Arafat par l'armée israélienne.
2 mai: Yasser Arafat sort de son quartier général de Ramallah, après le départ des chars israéliens qui en faisaient le siège depuis le 29 mars.
A Bethléem, aucune solution n'a été trouvé pour mettre fin au blocus de la basilique de la Nativité.
Kofi Annan annonce sa décision de dissoudre la mission d'information sur Jénine en raison du refus opposé à Israël.
7 mai: un nouvel attentat-suicide commis par un palestinien tuant 15 personnes à Rishon Letzion, a été revendiqué par la branche militaire du Hamas.
L'Autorité palestinienne a fermement condamné cet attentat.
Cependant pour Ariel Sharon, sa responsabilité ne fait aucun doute.
10 mai: Fin du siège de l'église de la Nativité à Bethléem, avec la sortie des 123 Palestiniens qui y étaient retranchés depuis 39 jours, tandis que l'armée israélienne s'apprêtait à lancer une nouvelle offensive dans la bande de Gaza.
Treize d'entre eux, qu'Israël considère comme des « terroristes » et comme « très dangereux », ont été conduits par l'armée vers l'aéroport de Tel-Aviv, où un avion militaire britannique les a emmenés à Chypre, première étape de leur exil vers des pays d'accueil en Europe.
26 autres, jugés moins dangereux, ont gagné la bande de Gaza, où ils ont été pris en charge par les services de sécurité palestiniens.
12 mai: Ariel Sharon essuie un revers au sein de son propre parti.
Le comité central du Likoud s'est prononcé en faveur d'une motion de l'ancien premier ministre Benjamin Netanyahu contre la création d'un Etat Palestinien indépendant.
20 mai: Jihad Jibril, chef militaire du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), est tué dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth.
22 mai: Ariel Sharon fait adopter très facilement son programme d' austérité économique. Le parti orthodoxe séfarade Shass ayant voté contre, cinq ministres de cette formation ont été limogés.
Ce plan vise à réduire le déficit budgétaire engendré par 20 mois d'Intifada ainsi que la crise économique. Il prévoit une réduction des allocations pour les familles dont les enfants n'ont pas effectué de service militaire.
24 mai: Un kamikaze palestinien de 16 ans tue deux Israéliens à Rishon-le-Zion, au sud de Tel-Aviv. Pour les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, qui revendiquent l'attentat, il s'agit de venger le meurtre de Jihad Jibril ainsi que l'assassinat, le même jour, par Israël de quatre Palestiniens à Naplouse.
29 mai: Le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé du Proche-Orient, M. William Burns, en tournée au Proche-Orient, évoque une stratégie américaine de paix « en trois volets » :
- relance du dialogue politique pour parvenir à une solution fondée sur deux Etats (palestinien et israélien),
- création de fortes institutions palestiniennes pour préparer la création d'un Etat,
- mise en place de forces de sécurité palestiniennes efficaces contre le terrorisme.
3 juin: La direction palestinienne annonce que le chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), M. Ahmad Saadat, sera maintenu en prison (à Jéricho, sous surveillance internationale).
Deux jours avant, la Cour suprême palestinienne avait ordonné sa remise en liberté.
5 juin: attentat de Meggido revendiqué par le Djihad islamique:
- 17 israéliens tués
6 juin:. Raid de l'armée israélienne contre le QG de M. Arafat à Ramallah (Cisjordanie), au cours duquel un garde du corps du président palestinien est tué et sept autres Palestiniens blessés.
10 juin: L'Autorité palestinienne dévoile la composition d'un nouveau gouvernement, première étape d'un projet de réformes destinées à faire taire les critiques internationales.
Le nombre de ministres passe de 31 à 21 ;
- un ministère de l'intérieur sera dirigé par le général Abdelrazak al-Yahiya, ancien négociateur avec Israël ;
- nomination au poste de ministre des finances de Salam Fayad, actuel directeur de l'Arab Bank en Palestine, et ancien représentant du Fonds monétaire international (FMI) dans les territoires.
Le Hamas et le Jihad islamique, ainsi que le Front Populaire de Libération de la Palestine, estiment que ce cabinet ne répond pas à leurs exigences de réformes radicales et prônent la poursuite de la lutte armée.
11 juin: attentat-suicide à Herzliya:
- 1 mort, 14 blessés.
Le secrétaire général adjoint du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Abdelrahim Mallouh, également membre de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), est arrêté par l'armée israélienne.
18 juin: attentat-suicide revendiqué par le Hamas à Jérusalem:
- 17 personnes tuées, une trentaine de blessés.
Cette attaque survient alors que viennent de commencer au nord de la Cisjordanie, les travaux de construction d'une clôture qui devrait courir sur les 350 km de la "ligne verte" pour empêcher les infiltrations.
19 juin: Début de l'opération israélienne « Voix ferme » dans les territoires palestiniens.
25 juin: George W. Bush propose un plan qui dépend entièrement du remplacement de Yasser Arafat à la direction palestinienne par "des hommes ayant rompu avec le terrorisme".
Il s'agirait de substituer à l'Autorité palestinienne un Etat provisoire chargé, d'ici à 2005, de négocier un règlement avec Israël.
30 juin: A Hébron, l'armée israélienne détruit à l'explosif le quartier général de la police palestinienne:
- 15 palestiniens sont tués.
La plupart des villes de Cisjordanie sont réoccupées et 800 000 personnes vivent sous couvre-feu.
6 juillet: depuis le 19 juin, date du début de l'opération "Voie ferme", les troupes israéliennes occupent 7 des 8 villes autonomes de Cisjordanie.
Beaucoup plus discrète que l'opération "Mur de protection"(du 29 mars au 21 avril), elle consiste en un blocus.
Près d'un million de palestiniens sont ainsi soumis à un couvre-feu.
7 juillet: Entrée en vigueur de la loi fondamentale palestinienne, promulguée fin mai par le président Arafat, qui servira de Constitution jusqu'à l'établissement de l'Etat palestinien.
Le texte prévoit dans son article premier que « Al-Qods (Jérusalem) est la capitale de la Palestine, l'islam est sa religion officielle et l'arabe est sa langue ».
Il prévoit « un pouvoir démocratique, fondé sur le pluralisme, une justice indépendante et un Parlement élu avec un rôle législatif », ainsi que « des élections présidentielles et un rôle de contrôle du Conseil législatif (Parlement) sur le gouvernement ».
16 juillet: Les appels des Etats-Unis au départ de M. Arafat sont rejetés par les trois autres parties du quartet sur le Proche-Orient, réunies à New-York, qui affirment qu'elles continueront à reconnaître M. Arafat comme le dirigeant légitime des Palestiniens et à traiter avec lui en cette qualité.
Les représentants des Etats-Unis, de la Russie, de l'ONU et de l'Union européenne s'accordent pour promouvoir la création d'un Etat palestinien d'ici trois ans.
23 juillet: Le largage d'une bombe d'une tonne sur un immeuble de Gaza a provoqué la mort de 15 personnes, dont 9 enfants et fait plus de 150 blessés.
Cette attaque de Tsahal visait soit disant le chef du Hamas, Salah Chéhadé.
25 juillet: le conseil de sécurité de l'ONU a débattu du raid israélien
31 juillet: un attentat à l'explosif fait 7 morts et 87 blessés sur le campus du Mont Scopus de l'université hébraïque de Jérusalem.
Cette riposte du Hamas à l'attaque israélienne se veut un "message clair" aux étrangers à quitter les lieux.
1er août: dans un rapport sur les évènements de Jénine, Kofi Annan énumère une série de violations du droit international attribuées à l'armée israélienne et dans une moindre mesure aux palestiniens.
Cependant on ne sait pas ce que l'ONU pense de ce qui s'est passé, il n'y a ni conclusions sur les faits ni appel à rendre justice pour ces crimes.
4 août: Six attaques palestiniennes tuent 10 Israéliens et en blessent plus de 70, malgré la réoccupation de la Cisjordanie par l'armée israélienne censée empêcher ces attentats.
Quatre Palestiniens ont trouvé la mort dans ces attaques :
- un dans la bande de Gaza, un autre tué par la bombe qu'il a fait exploser dans un bus en Israël, un troisième qui a tiré sur une voiture de la compagnie des Téléphones à Jérusalem-est et un autre pris dans la fusillade.
Ces décès portent le nombre de tués depuis le début de l'Intifada à 2.415 dont 1.776 Palestiniens et 596 Israéliens, selon l'AFP.
19 août: Un accord, dit « Gaza d'abord », est conclu avec l'Autorité palestinienne avec Israël sur la fin des attentats en échange d'un retrait partiel israélien des secteurs autonomes réoccupés, à commencer par Gaza et Bethléem.
Le plan prévoit que les Palestiniens se voient confier la tâche de préserver le calme dans les secteurs évacués et d'empêcher que ceux-ci servent de base arrière à des attaques contre Israël
20 août: l'armée israélienne annonce s'être retirée de la ville cisjordanienne de Bethléem, aux termes de l'accord conclu avec les responsables militaires palestiniens.
Septembre 2002
4 septembre: Ariel Sharon a rejeté le plan de paix européen prévoyant la création d'un Etat palestinien d'ici à 20005
11 septembre: le gouvernement palestinien nommé en juin par Yasser Arafat, est contraint de démissionner en bloc pour prévenir un vote de défiance du Conseil législatif, réuni pour la première fois en septembre 2000
21 septembre: une partie du QG de Yasser Arafat est détruite par l'armée israélienne.
Octobre 2002
7 octobre: 14 palestiniens sont tués par l'armée israélienne au cours du raid mené à Khan Younis, au sud de la bande de Gaza.
Ce très lourd bilan a suscité de vives critiques internationales.
13 octobre: Mohammed Abayat, activiste du Fatah, le principal parti palestinien est assassiné.
Selon des sources palestiniennes, la cible visée était son frère Nasser, considéré comme l'un des responsables des activistes du Fatah Bethléem.
17 octobre: à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, des blindés israéliens ouvrent le feu en pleine zone urbaine, tuant 8 personnes et en blessant une quarantaine d'autres.
21 octobre: près de la ville de Pardès Hanna, sur la route qui longe sur plusieurs kilomètres
La Ligne verte -qui sépare le territoire israélien de la Cisjordanie- une jeep s'est collée à l'arrière d'un bus et a fait exploser plusieurs dizaines de kilos de dynamite, provoquant 14 morts.
Cet attentat-suicide a été revendiqué par le Djihad islamique, il s'agit d'une réplique aux incursions de Tsahal à Gaza.
25 octobre: l'armée israélienne a réoccupé ville palestinienne de Jénine, l'opération est une riposte à un attentat suicide et vise à en empêcher d'autres selon Tsahal.
29 octobre: un attentat-suicide commis à l'entrée de la colonie juive d'Ariel, dans le nord de la Cisjordanie a coûté la vie à 3 soldats israéliens et fait 17 blessés.
Les brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah du président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, et les brigades Ezzedine Al-Qassam, branche armée du mouvement radical Hamas, ont revendiqué séparément l'opération.
Membre du Comité Central du Fatah, Hani Al-Hassan succède au poste de ministre de l'intérieur au général Abdel Razak al-Yéhya.
30 octobre: démission des cinq ministres travaillistes due à leur refus d'approuver un budget qui prévoit des coupes claires dans les budgets sociaux tout en maintenant la part belle aux colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés.
La démission du ministre de la Défense, Benyamin Ben Eliezer plonge Israël dans une crise politique.
Novembre 2002
5 novembre: pour remplacer au ministère des affaires étrangères le travailliste Shimon Pérès, Ariel Sharon se tourne vers son rival le plus déterminé au sein de son parti (le Likoud), l'ancien premier ministre Benyamin Nétanyahou.
Les deux hommes doivent s'affronter avant la fin de l'année pour savoir qui dirigera la liste de la droite nationaliste pour les prochaines élections.
Ariel Sharon profite de l'occasion pour prendre l'ascendant sur Benyamin Nétanyahou; en devenant ministre ce dernier soumis hiérarchiquement à A. Sharon, perdrait dans les faits sa liberté de parole et de critique.
15 novembre: embuscade à Hébron revendiqué par le Djihad islamique: 12 israéliens tués.
21 novembre: attentat-suicide à Jérusalem:
- 11 morts
22 novembre: Iain John Hook, responsable de l'agence des nations unies chargée des réfugiés palestiniens est tué par l'armée israélienne.
25 novembre: Amram Mitzna, nouveau chef du Parti travailliste israélien
1er décembre: l'armée israélienne fait exploser un stock alimentaire de l'ONU à Gaza destiné aux palestiniens.
6 décembre: 10 palestiniens tués dans une incursion de l'armée israélienne près de Gaza
27 décembre: 4 israéliens tués dans une colonie de peuplement en Cisjordanie
L'année 2002 s'est terminée dans la violence.
Après 27 mois d'Intifada, le nombre des morts ne cessent d'augmenter: 2807 morts dont 2073 palestiniens et 685 israéliens.
1er janvier: 5 palestiniens tués dans les territoires occupés
5 janvier: double-attentat à Tel-Aviv revendiqué par les brigades d'Al-Aqsa, groupe lié au Fatah, le Djihad islamique et le Hamas: 23 personnes tuées, une centaine de blessées.
28 janvier: le Likoud triomphe aux élections législatives.
Ariel Sharon souhaite former un gouvernement d'union nationale le plus large possible.
Le parti laïque et libéral Shinouï, autre grand vainqueur des élections législatives, prône un cabinet d'urgence nationale.
30 janvier: l'armée israélienne lance une vaste opération à Hébron à la recherche de militants palestiniens en imposant un couvre-feu et des perquisitions dans les maisons.
14 février: Yasser Arafat donne son accord à la nomination d'un premier ministre, cédant aux pressions internationales pour réformer l'Autorité palestinienne.
18 février: 10 palestiniens tués au cours d'un raid israélien à Gaza en représailles après la destruction d'un char ayant causé la mort de 4 soldats le 15 février
22 février: faute de pouvoir bâtir un nouveau gouvernement d'union nationale avec les travaillistes, Ariel Sharon a choisi de se contenter d'une équipe clairement marquée à droite.
Un accord a été conclu entre le Likoud et le Parti national Religieux (PNR), porte-parole des colons de Gaza et de Cisjordanie.
Un autre accord a été annoncé entre le Likoud et le parti ultra-laïque Shinouï, rangé au centre droit.
Ces deux partis lui permettraient d'obtenir une courte majorité de 61 sièges sur 120.
Pour les palestiniens, ce gouvernement ne laissera aucune chance à la paix.
5 mars: en Israël et dans les territoires palestiniens en moins de 24 heures, 26 personnes ont trouvé la mort.
Attentat-suicide dans un bus dans la ville israélienne de Haïfa, dans la soirée une incursion israélienne dans un camp de réfugiés de la bande de Gaza
8 mars: le conseil législatif palestinien approuve la création d'un poste de premier ministre.
Jusqu'alors, les pouvoirs de Yasser Arafat étaient sans partage.
Désormais, l'ordre public et la sécurité intérieure relèveront de la responsabilité du premier ministre.
2 avril: selon le bilan du ministère palestinien de la santé, 101 palestiniens ont été tués en Cisjordanie et à Gaza par des tirs de soldats israéliens au mois de mars, dont 26 enfants.
Ce rapport met en garde contre la détérioration de la situation sanitaire dans les territoires palestiniens et "l'exploitation par le gouvernement israélien de la situation internationale pour poursuivre ses agressions".
Chronologie réalisée par Stéphane Petit et Johanna Redon.
source :obsarm.org
AFP
Le Monde
Courrier International
Dossier "Proche-Orient : la déchirure" du monde diplomatique
Association "Solidarité Palestine"
Association des palestiniens de France
Encyclopédie Hachette
PICAUDOU Nadine, Les palestiniens un siècle d'histoire. Ed. Complexe, Bruxelles, 1997.



