En fin de compte, si nous n’achetons que le nécessaire, l’économie s’effondre ? (c) Banksy, « Trolley Hunters » (2007)

En fin de compte, si nous n’achetons que le nécessaire, l’économie s’effondre ? (c) Banksy, « Trolley Hunters » (2007)

COLLAPSOLOGIE.
 
 
ÉTYMOLOGIE :
Le mot « collapsologie » est un néologisme inventé avec une certaine autodérision par Pablo Servigne, ingénieur agronome et Raphaël Stevens, expert en résilience des systèmes socio-écologiques.
 
Il apparaît dans leur ouvrage publié en 2015.
C'est un mot-valise issu du latin collapsus, participe passé de collabi, « tomber d'un bloc, s'écrouler, s'affaisser »  (qui a donné to collapse en anglais) et du suffixe « -logie  », logos, mis pour « étude », lequel est destiné à nommer une démarche à caractère scientifique.
TEMPORALITÉ DE L'EFFONDREMENT :
La science est en mesure d'établir que pour certaines populations et certains écosystèmes, des effondrements sont en cours ou se sont déjà produits.
 
Certains scientifiques estiment qu'un effondrement systémique global est probable si rien n'est mis place pour l'éviter.
 
Les collapsologues estiment que l'effondrement de la civilisation industrielle est certain, notamment en raison de l'épuisement inévitable des ressources naturelles, mais qu'il subsiste une inconnue :
- les délais qui nous séparent des crises à venir.
 
L'effondrement doit être considéré comme un processus plutôt que comme un évènement soudain.
 
Il pourrait s'étaler sur plusieurs années, voire plusieurs décennies.
 
En ce qui concerne les délais, il s'agit de différencier prévision et projection.
 
Les projections utilisent des données scientifiques existantes et tentent de se projeter dans le futur à l'aide de modèles informatiques ou mathématiques et de plusieurs hypothèses comme c'est le cas pour les projections établies par le modèle World3 du Club de Rome qui évoquait un effondrement vers 2030 dans son schéma « Business as usual ».
 
A contrario, les prévisions se fondent généralement sur des intuitions.
Pablo Servigne et Raphaël Stevens estiment que le système économique mondial, dont la structure est hautement interconnectée, peut être soumis à un phénomène d'effets en cascade déclenché par une perturbation initiale minime, appelée femtorisque.
 
La possibilité d'un effondrement, bien qu'elle devienne de plus en plus « palpable », est impossible à dater.
 
En effet, les outils classiques de gestion de risque ne peuvent prendre en compte les femtorisques.
 
Et toute prévision scientifique bute sur une impossibilité théorique due aux « cygnes noirs », qui sont des évènements rares impossibles à prévoir.
 
Selon le mathématicien et ancien opérateur boursier Nassim Nicholas Taleb, les méthodes classiques d'évaluation des risques s'appliquent très mal pour ces « cygnes noirs » ainsi que pour les systèmes complexes.
 
Bertrand Russell, repris par Taleb, illustre cet aspect des choses avec ce qu'il a appelé le « problème de la dinde inductiviste » selon lequel dans un élevage de dindes, où la température est constante et idéale, et l'apport en nourriture régulier, s'il existait une dinde statisticienne spécialiste de la gestion des risques, elle dirait le 23 décembre qu'il n'y a pas de souci à avoir pour l'avenir !
 
Si certains collapsologues ne souhaitent pas partager leurs intuitions concernant la temporalité de l'effondrement, d'autres ont décidé de les partager, conscients du caractère non scientifique de celles-ci.
 
Ainsi, pour Yves Cochet, l'effondrement est « possible dès 2020, probable en 2025, certain vers 2030 ».
 
Il estime qu'il « n’y aura plus de voiture en 2040.
Il y aura quelques calèches, avec des chevaux, oui. Il n’y aura plus de voiture, il n’y aura plus d’avions.
 
Le mode de transport du futur, c’est le cheval ! ».
 
Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle estiment quant à eux que « l'effondrement de la civilisation thermo-industrielle [est] une évolution géographiquement hétérogène qui a déjà commencé, mais n'a pas encore atteint sa phase la plus critique, et qui se prolongera pendant une durée indéterminée.
 
C'est à la fois lointain et proche, lent et rapide, graduel et brutal.
 
Cela ne concerne pas seulement les événements naturels, mais aussi (et surtout) des chocs politiques, économiques et sociaux, ainsi que des événements d'ordre psychologique (comme des basculements de conscience collective).»
Comme l'écrit Dmitry Orlov :
« L'effondrement peut se produire à différents moments pour différentes personnes.
 
Vous ne saurez peut-être jamais tout à fait que l'effondrement s'est produit, mais vous saurez que c'est arrivé à vous personnellement, ou à votre famille, ou à votre ville.
 
Grâce aux efforts des historiens, il se peut que le tableau d'ensemble ne se dessine que beaucoup plus tard.
 
Individuellement, il se peut que nous ne sachions jamais ce qui nous frappe et, en tant que groupe, que nous ne soyons jamais d'accord sur une seule réponse.
 
Regardez l'effondrement de l'URSS : certaines personnes se disputent encore pour savoir pourquoi c'est arrivé.»
 
 
Source : wikipedia.
 

 

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