LOUIS-ALBERT-GUISLAIN BACLER D'ALBE. GÉNÉRAL,CARTOGRAPHE ET PEINTRE DE NAPOLEON.
LOUIS-ALBERT-GUISLAIN BACLER D'ALBE.
GÉNÉRAL,CARTOGRAPHE ET PEINTRE DE NAPOLEON.
Le général Louis-Albert-Guislain Bacler d’Albe, né le à Saint-Pol-sur-Ternoise, mort à Sèvres le , est un général, cartographe et peintre français de la Révolution et de l’Empire.
Il joue un rôle historique dans trois domaines : l'élaboration de la stratégie napoléonienne, la cartographie et la peinture de bataille.
Bacler d'Albe est l'un des plus anciens compagnons de Napoléon Ier : artilleur comme lui au siège de Toulon en 1793, il fait encore partie des quelques noms cités dans le testament de Napoléon, rédigé à Sainte-Hélène en 1821, pour l'éducation de son fils.
Il est le plus proche conseiller militaire de Napoléon lors des prises de décision stratégiques pendant les campagnes en tant que chef de son cabinet topographique personnel de 1799 à 1814 (il travaille seul avec lui sous sa tente de jour comme de nuit).
Géographe, il est considéré comme l'un des meilleurs cartographes de son temps, il a perfectionné la représentation du relief par jeux d'ombres, dirigé le Dépôt de la Guerre (ancêtre de l'actuel Institut national de l'information géographique et forestière) et réalisé les premières cartes homogènes d'Italie puis d'Europe (exemplaire unique appelée « carte de l'empereur », perdue pendant la retraite de Russie).
Artiste, il est considéré comme un rénovateur du genre des peintures de bataille (en apportant à la fois vue d'ensemble topographique et sens du détail humain) et un bon graveur (vues de Savoie et vues prises à travers l'Europe pendant les campagnes de l'Empire).
Source : wikipédia
Une lettre du baron Bacler d’Albe à sa femme :
Kremlin, 15 octobre 1812.
Tu manges probablement, ma bonne gloutonne, du bon raisin de Fontainebleau, ou plutôt de ton jardin, tu ranges tes pommes, tes poires d’hiver, etc., et nous ici nous calculons combien de temps encore nous aurons des pommes de terre et des choux pour aider à avaler la vache.
Il y a aujourd’hui trois pouces de neige sur la terre.
Je ne dirai pas sur les toits. Il n’y en a plus.
J’ai heureusement trouvé un grenadier qui a bien voulu faire de nouvelles doublures chaudes à mes habits.
J’ai fait ajuster une bonne pelisse (quoique vieille) pour monter à cheval, mon chapeau a été aussi dégraissé par un hussard fort adroit, un chasseur raccommode mes bottes et m’a même promis une paire de bottines de peau pour mettre par-dessus ces bottes.
J’ai fait couvrir de petit-gris ma casquette de Paris ; ainsi, me voilà réhabilité chaudement. Joson [son fils aîné Joseph-Albert, alors capitaine aide de camp du général Philippe de Ségur] est aussi assez bien avec une bonne fourrure de loup, et nous voilà prêt à tout événement.
J’ai de nouveaux domestiques français pour remplacer les prisonniers, de bons cognats [petit cheval russe très résistant et utilisé habituellement par les cosaques].
Sappe peut faire du pain pour quinze jours, on ramasse un peu d’avoine, on emballe du rhum et du vin, du sucre, du thé, voire même du café et du chocolat.
Il reste encore un peu de tablettes de bouillon avec quelques jambons ; tu vois qu’avec tout celle on peut faire 150 lieues [environ 600 kilomètres] dans un sens ou dans l’autre.
Nous saurons probablement à quoi nous en tenir dans deux jours.
Il serait très possible que notre mouvement soit tellement combiné et si singulier que nous soyons pendant quelques jours sans recevoir si sans envoyer d’estafettes.
Connaissant ta bonne tête, je dois te prévenir de cela parce que je ne veux pas qu’elle batte la campagne.
Nous serons en bonne et nombreuse compagnie ; ainsi sois sans inquiétude et ne t’étonne pas de notre silence.
Aussitôt que je le pourrais j’écrirai, et probablement nous serons plus voisins.
Buvez à notre santé en attendant, sans impatience surtout, cela fait de mauvais sang et il n’ y a raison d’en avoir.
Joson ne peut t’écrire, il est à présent à 20 lieues d’ici avec plusieurs autres officiers et un petit service dela Maison.
Il a un bon domestique et trois bons chevaux ; il suivra le mouvement du roi de Naples qui le connaît et l’aime.
S’il peut m’écrire il le fera, mais j’en doute, je connaîs les difficultés ?
Nous nous rejoindrons dans quinze jours, alors nous pourrons causer librement avec toi et rire surtout.
En attendant mon tout je te gronde, ainsi que Marc, de ta paresse.
Voilà douze jours que je n’ai de tes nouvelles.
Si c’est ta faute, c’est mal, sinon tu vois que tous ces morceaux de papier appelés « lettres » ne courent pas comme on veut.
Bonsoir tous ; une claque pour toi, des baisers pour tout le monde.
BACLER.
Source : L'Estafette.

