Marquisien de Tahuata.

Marquisien de Tahuata.

LES MAORI :
LEUR ATTACHEMENT À LA TERRE.

 

Comme symbole viscéral du rattachement physique des Maori à la terre, le cordon ombilical, le pito, de chacun est encore souvent enterré dans les terres ancestrales.

Le développement « moderne » observé depuis vingt ans n’a pas abouti à une individualisation des droits de propriété privée et repose en grande partie sur des réseaux de solidarités communautaires et familiales.

Le statut de la « terre indivise », si il est pourtant identifiée comme un «frein au développement » par les élites polynésiennes, il a au contraire permis aux familles maòhi les plus modestes d’accéder à des ressources familiales (partie lagonaire attachée à la terre ; terres de subsistance ou affectées à l’agriculture), sans pour autant déposséder les groupes familiaux de la propriété de ce patrimoine.

 

Répartition ancestrale des terres :

Les terres étaient répartie entre les Ari î et les Ra’atira selon l'organisation sociale hiérarchique  :

  • Pour les Ari î, des terres relevaient directement de la famille de l’ari’i et d’autre relevaient de l’autorité des cadets de la famille mais dont une partie de la production revenait à l’ari’i.
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  • Les terres de l’ari’i étaient divisées en patu (parcelles) sous l’autorité des ra’atira, qui les administraient.
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  • Elles étaient en général situées sur des promontoires.
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  • Pour les ra’atira (propriétaires fonciers), les terres étaient située dans les baies.
  • Elles pouvaient être  « louées » à des manahune ;

Certains manahune exploitaient des terres situées soit en bord de mer (i’ato tai), occupées par des pêcheurs, soit à l’intérieur (i’ato uta) dans le fond des vallées

 

 

Source : peuplesdumonde.voyagesaventures.com

Me' ae de ua pou (Marquises)

Me' ae de ua pou (Marquises)

ORGANISATION SOCIALE ANCESTRALE DES MAORI.

 

L'organisation sociale ancestrale des Maori était du type tribal, regroupant des clans en chefferies.

Les liens sociaux étaient (et son encore) tissés par l'échange des dons.

Les Maori instituèrent une hiérarchie sophistiquée dans l'échange de dons en leur conférant une valeur spirituelle, scellant les alliances entre membres de familles, entres clans ou entre tribus.

(M Maus publia un essai sur le Don, fortement inspiré des observations faites sur des populations océaniennes)

 

Les colonisations ont abolis les classes, même si comme en Europe l’aristocratie conserve la mémoire de certaines préséances et coutumes qui s’exercent encore par endroit (Futuna, îles loyautés en Nouvelle Calédonie par exemple et dans de nombreux archipels restés à l’écart d’une forte occidentalisation : Marquises…) 

L’organisation sociale traditionnelle des Maori repose sur

Source : peuplesdumonde.voyagesaventures.com

 

Tiki géant du site de Lipona à Hiva oa.

Tiki géant du site de Lipona à Hiva oa.

CULTURE MAORI.
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Les Maori sont très attachés à des valeurs spécifiques comme l’idéologie du prestige, l’organisation en clans et maisonnées selon des lignages et le rôle de redistribution des nobles, ainsi que la primauté de l’intérêt collectif sur la liberté individuelle.

De très nombreuses guerres inter claniques jalonnèrent l'histoire des Maori.

A aucun moment une unité politique d'ensemble ne vis le jour.

Des alliances et des affrontements modelèrent les contours des petits royaumes qui ne régnaient que rarement sur  plus de quelques îles ou un archipel même si des liens de suzeraineté existaient.

Une union spirituelle unissait tous les Maori autour de croyances similaires.

A certaines périodes, les grands prêtres pouvaient réunir des chefs d'îles très éloignées.

Les sites socioreligieux des Marae de Taputapuatea à Raiatea et de Bora bora en Polynésie française ont eu un rôle majeur.

En raison d’une transmission orale du savoir et sans avoir eu recours à des matériaux durables pour la confection des objets usuels ou artistiques, les cultures locales ont laissé peu de traces.

Elles se limitent à des soubassements de sites religieux et sociaux (Marae) et à quelques statues de pierre (Tiki) comme à Lipona à HivaOa ux Marquises.

Bien que quasiment éradiquées durant la période coloniale et à cause des évangélisations, certaines formes d’us et coutumes renaissent comme dans les îles de la Société et aux Marquise pour ce qui est de la Polynésie française.

En Nouvelle Zélande et à Hawaï, bien que les Maori y soient devenu minoritaires en nombre, une renaissance identitaire et culturelle réapparait également.

Ce sont encore les récits des premiers découvreurs qui permettent de connaitre les modes de vie des populations locales de l’époque.

Bien qu’interdite par les représentants des Eglises occidentales, les danses sacrées et des éléments de droits coutumiers se sont partiellement transmise sous le manteau.

Des concepts culturels spécifiques aux Maori :

Les Maori ont leur approche spécifique de concepts culturels généraux comme leur perception du temps, une approche particulière de l’espace, la primauté du bien collectif sur l’individuel, leurs relations à la nature.

Rapport au temps et à l’espace :

Le présent et l’action immédiate dont on fait l’expérience concrète, restent des valeurs fondamentales.

Tout se passe comme si l’expérience proche et l’instant était plus important que ce qui est loin.

Le polynésien est d’abord perceptif et sensitif, en se fondant sur l’expérience physique concrète.

Aucune distinction à priori n’est faite entre un axe temporel et un axe spatial.

Les Maori peuvent dire deux choses différentes d’une même manière, privilégiant tantôt l’aspect temporel, tantôt l’aspect spatial.

Ce qui est loin pouvant être passé ou futur tandis que ce qui est proche est toujours plus important.

Cela engendre un malentendu évident, entre le développement matériel et scientifique au sens occidental et le développement selon une approche polynésienne : le développement n’est jamais entendu en dehors d’une morale politique, religieuse ou économique et n’a donc aucun sens tant qu’il n’est pas relié à une pratique précise ou à une image évocatrice.

C’est ainsi que le développement n’a de sens que quand il s’agit de la croissance du réseau du clan ou de la chefferie.

C’est dans cette logique que doit aussi être comprise par exemple la notion de fiu : on décroche physiquement et moralement d’une situation particulière pour se retrancher en soi.

La vie collective

L’organisation sociale des Maori repose sur une répartition en classes proche des castes (sans son aspect héréditaire).

Elle privilégie les valeurs collectives aux libertés individuelles et sont particulièrement vivantes au sein des familles élargies et des clans.

Les droits et devoirs de la classe dirigeante sont plus formalisés et rigides que pour le peuple.

La relation à la nature.

Compte tenu des faibles ressources disponibles sur beaucoup d’archipels l’exploitation en est parcimonieuse et ne vise à n'en prélever que ce qui est nécessaire à la vie du groupe.

Afin de permettre la reconstitution des réserves de nourriture, les prêtres édictes des interdictions temporaires ou saisonnières (des Tabu) sur certaines espèces ou produits.

La classe dirigeante accumule des réserves comme de la pâte de fruits de l’arbre à pain conservé fermenté dans des fosses prévues à cet effet sur les Marae (Ua Ma). 

 

Source : peuplesdumonde.voyagesaventures.com

Marae Taputapuatea de Raiatea

Marae Taputapuatea de Raiatea

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