FILIPPI RAYMOND. AVOCAT AU BARREAU D'AIX EN PROVENCE ET MAIRE D'ISTRES.
FILIPPI RAYMOND.
AVOCAT AU BARREAU D'AIX EN PROVENCE ET MAIRE D'ISTRES.
Mon oncle Raymond Filippi, avocat, ici sur le cours Mirabeau à Aix-en-Provence.
« Ceux qui ont eu le privilège d’entendre Raymond Filippi dans un grand procès pensent à une irrésistible vocation, tant la générosité de l’inspiration jointe à la perfection de la forme déconcertent toujours.
Confusément, on se dit que des dons aussi éclatants n’ont pu que prendre racine dans la plus lointaine enfance, que le bâtonnier d’Aix-en-Provence est né avocat comme d’autres naissent musiciens ou poètes.
On imagine un Rastignac corse, sûr de lui, lançant un retentissant:
« À nous deux le barreau... »
Extrait du livre: « Maître, vous avez la parole... »
Il fut l’avocat des derniers bandits d’honneur, il plaida dans la plupart des grandes affaires d’Assises de son temps.
En un temps où, comme on le voit ici sur la photo, la réflexion et la conscience douloureuse étaient mobilisées par la possibilité pour son client d’être envoyé à Cayenne, ou pire encore sous l’infâme couteau de la guillotine!
Une justice terrible, non pas fille des terroirs et des régions de France remplis de raison, d’esprit, et liés à la terre, mais fille des cruautés des rois, et plus encore de la cruauté proche-orientale et de ses redoutables monothéismes importés, instigateurs à Paris de la révolution macabre, farandole insupportable, rouge de ses échafauds!
Charles Versini.
Né le 10 mars 1910 à Tox (Corse), mort le 13 décembre 1976 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; avocat ; maire socialiste d’Istres (Bouches-du-Rhône) de 1959 à 1965.
Raymond Filippi fit ses études secondaires à Nice, puis son droit à Aix-en-Provence où il prêta serment le 21 juillet 1931.
Tout d’abord stagiaire, il devint rapidement un brillant avocat d’Assises, « au cœur prompt et généreux, au talent admirable servi par un timbre émouvant, une chaleur communicative et une ouverture totale au désespoir des malheureux qu’il était appelé à défendre » (Le Provençal, 15 décembre 1976).
Dans la lignée de ses aînés, Moro-Giafferi et Campinchi, sa réputation devint nationale, surtout après 1945.
Il plaida dans de grands procès comme ceux des bijoux de la Begum, des Combinatie, etc.
Son éloquence fit aussi de Raymond Filippi un tribun redoutable lors des luttes électorales.
Politiquement engagé au Parti socialiste, il milita avant guerre dans la section d’Aix aux côtés d’Henri Mauriat.
Il avait épousé Marie-Madeleine Murzi, sœur d’un militant socialiste, Jean Murzi, originaire de Coti-Chiavari.
Avocat lui-même, ce dernier était depuis 1953 conseiller municipal et adjoint au maire dans la municipalité Defferre.
En 1945, Raymond Filippi fut élu conseiller municipal. Jusqu’en 1953, il fut adjoint au maire et délégué à l’Instruction publique jusqu’en 1953 dans la municipalité de coalition Henry Mouret.
En 1959, à la suite de la retraite de Félix Gouin, Raymond Filippi devint maire d’Istres de 1959 à 1965.
Ce fut le pionnier de l’expansion urbaine de la ville.
Il fut également élu conseiller général du canton d’Istres.
Mais il était de plus en plus sollicité, dans toute la France, par des procès importants.
Fondateur et président du syndicat des avocats, Raymond Filippi fut en 1968-1969 bâtonnier de l’Ordre.
Il s’occupa aussi pendant des années, du Syndicat d’initiative puis de l’Office du tourisme d’Aix.
En 1975, alors qu’il s’apprêtait à plaider en faveur d’Edmond Simeoni, arrêté pour l’affaire d’Aleria et traduit devant la Cour de Sûreté de l’État, Raymond Filippi fut frappé par une crise cardiaque.
Malgré une santé défaillante, il plaidait encore la veille de sa mort. Après des obsèques religieuses à Aix, il fut, selon sa volonté, inhumé le 17 décembre 1976 à Tox (Corse).
Sa disparition provoqua une grande émotion parmi ses compatriotes.
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