* Au pays du cap de « Bonne Espérance ».

Aux débuts des années 60, les Afrikaners s’engagèrent sur une voie qui allait à contre courant de la démarche des Européens en général ou plus exactement de l’homme blanc en particulier, « sûr de lui et dominateur ». Avec l’abandon des colonies venait la reconnaissance de l’homme noir en tant qu’égal et celle des injustes préjudices qui lui furent occasionnés.

En Afrique du Sud, non seulement la minorité blanche sud africaine ne voulait rien abandonner mais elle entendait bien faire de sa résistance un combat idéologique pour lequel il lui fallait une histoire pour le justifier.

Fondée par des protestants hollandais au XVI éme siècle eux même rejoints par des Huguenots français au XVIIéme  chassés par des persécutions religieuses, l’Afrique du Sud s’était confortée dans l’idée qu’elle était la terre de la Liberté et un refuge pour les persécutés. Sous réserve qu’ils soient blancs. Déjà en 1838, quand les Anglais débarqués en 1815 au Cap et en situation dominante voulurent établir un statut égal entre les Blancs et les communautés africaines locales, les Hottentots, les Afrikaners durent migrer pour ne rien changer à leur mode de vie. Ils firent de cette migration  vers l’intérieur du pays, une longue marche appelée « le Grand Trek », celle de Moïse conduisant son peuple vers la Terre Promise. Cette terre, en l’occurrence le Transvaal devenu leur république en 1852, devint un mythe religieux. Rien ne manquait au scénario, le Tout Puissant se serait manifesté à eux avant un combat contre les Zoulous et leur aurait donné la force de gagner.  Après la découverte de diamant au Transvaal et une nouvelle avancée anglaise dans les possessions territoriales des Boers, une terrible guerre achevée en 1902 fit de l’Afrique du Sud entière un dominion britannique. Néanmoins, le Transvaal demeurait lieu de mémoire de l’histoire nationale afrikaner. Malgré les blessures énormes de la guerre avec les Anglais, les Afrikaners avaient retrouvé leur main mise sur le pays en 1947 quand le pays devint indépendant. Les Bantous avaient été relégués dans des Homelands, mais si le monde entier y voyait malice, les blancs sud africains avaient une explication. En arrivant au Transvaal, les Boers n’auraient trouvé que les survivants d’un massacre perpétré par d’autres tribus africaines les Matabele et les Zoulous. C’est eux qui mirent bon ordre à la situation… Si ajoutait des considérations racistes mais ces considérations étaient-elles si différentes de celles encore en cours au milieu du XX éme siècle dans les pays colonisateurs ? Pour tout compléter, il se trouvait en fin des manuels scolaire un inventaire des cinquante site historiques qu’il était recommandé de « fouler du pied » afin d’en marquer sa propriété. Cette vision de l’histoire « empreinte » existe aux Etats Unis et au Canada. On peut se demander si ce n’est pas une vision typiquement anglo-saxonne de conquérant…

Durant cette période les Noirs racontaient par tradition orale à leurs enfants une toute autre histoire, pour expliquer la domination blanche. Cette domination devait cesser un jour ou l’autre….

 

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