Hameau de Balba.

Hameau de Balba.

SISCO : LE MARIAGE AU SERVICE DE LA PAIX.

 

Le 15 juillet 1651 le notaire bastiais Gio Lucca Pelligrini enregistre la sentence de deux arbitres, Alessandro Spinola et Bonaventura Perichi.

Alessandro Spinola était à cette époque un des seigneurs feudataires de Sisco et Pietrcorbara.

Quant à Bonaventura Perichi, il s’agissait d’un des représentants de cette importante famille de marins négociants, originaire du village de Moline à Sisco.

Ceux-ci avaient été désignés par acte notarié du notaire Antone Guglielmi de Sisco, du 25 septembre1650,( dont le registre manque.) suite au meurtre de Antonio Vivoni par Giovanni, fils de Salvetto, tous natifs du hameau de Balba.

Les arbitres devaient créer les conditions d’un retour à la paix pour éviter de nouvelles effusions de sang entre :        

-  Les quatre frères du défunt  : Gilormo, Agostino, Giovan Agostino et le patron marin Angelo Santo tous Vivoni et fils du feu Colombano.                                                                                                    

-  Le meurtrier, Giovanni fils de Salvetto q Stefanino et son frère Filippo.

Leur arbitrage fut rendu selon les conditions suivantes :                                                                                                                     

-  Giacomo fils du meurtrir devra épouse Elena Vivoni fille du défunt.                                                                                -  Contrairement aux usages en cours, c’est la famille du futur mari, c’est-à-dire ici celle du meurtrier, qui fournira la dot à Elena.

Salvetto, le grand-père de Giacomo, versera ainsi la dot de 800 lires.                                                                                                                                                         

–  Si Giacomo venait à mourir, cette somme resterai la propriété de Elena.                                                               -  Salvetto devra également donner 400 lires pour la dotation d’une de l’une des filles des frères Vivoni cités précédemment.

Après notification de la sentence, un délai d’un mois est accordé aux parties pour s’y confirmer.                                                                                                                                                     

Enfin, défense est faite à quiconque d’évoquer la mort d’Antonio.

Cette sentence fut signifiée aux intéressés le 14 mai, dans la maison de Bonaventura Perichi, à Moline.

Les familles  souscrivirent devant le notaire un traité de paix en bonne et due forme, pardonnant au meurtrier et se donnant, selon la coutume, « il baccio della bocca ».

Une supplique fut également adressée aux autorités pour annuler la sentence de bannissement prise à l’encontre du meurtrier.                                                                                                                                    

Elena Vivoni devenait ainsi la belle-fille de celui qui avait tué son frère, pour préserver la paix

(Giovanni fut relâché et commis un deuxième meurtre deux ans plus tard, il tua un certain Pierino, prénommée Camilla, un traité de paix au nom de sa famille.

À cette occasion, il fut banni de l’île, en compagnie de deux de ses fils qui le suivirent dans son exil :  Michele et Giacomo, le mari d’Elena.

On ignore si cette dernière accompagna son mari et quitta la Corse.

Quinze ans plus tard le 19 septembre 1667, Giacomo de retour à Sisco, consacra avec la fille du défunt Pierino. Elena apparaît d’ailleurs dans un acte quelques jours plus tard.)

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Source : « A cronica » N°13, 1997 ; J-C Liccia.

Photo :  Marie-Christine Martelli.

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