SOUS LE SOLEIL EXACTEMENT, TENUE CORRECTE EXIGÉE.
SOUS LE SOLEIL EXACTEMENT, TENUE CORRECTE EXIGÉE.
« Comment débrancher ? »Faire la distinction entre le touriste et le voyageur, qui fait l’expérience de la durée.
« Dans un mouvement perpétuel de désenclavement du monde » et dans l’épreuve du chemin.
« La vertu d’un voyage, c’est de purger la vie avant de la garnir », disait Nicolas Bouvier dans L’Usage du monde.
Nul doute que le vrai dépaysement, augmenté par la rencontre des autres, reste largement inaccessible à l’espèce proliférante et uniformément vêtue d’une chemisette à motifs colorés, sac à dos, pantacourt multipoches, portant bob et sandalettes.
Laquelle finit par se retrouver dans des lieux identiques d’un bout à l’autre de la planète, complexes touristiques ou résidences hôtelières au décor de parcs d’attraction.
Quant à la question du « lâcher prise », du « débranchement », de la vacance désirée, c’est selon.
C’est sans doute à la plage que l’axiome se vérifie le mieux.Les moments de cette découverte progressive des corps, le souci du bronzage et l’habileté à se dévêtir en public depuis les années 30, avec les résistances farouches, voire brutales qu’elle a suscitées.
L’histoire se répète dans les années 60 avec l’apparition des premiers seins nus.
Une coiffeuse parisienne interrogée par Le Nouvel Observateur reconnaît la touche de provocation de son geste, passée la petite gêne du début.
Et puis "basta" : « Tout ce qu’on n’a pas le droit de faire toute l’année, on le fait en vacances », dit-elle.
Dans les lieux de culte aussi.
Tenues dénudées, mini-jupes voire maillots de bain, portables à l'oreille: les touristes qui visitent les églises cet été, pique-niquant parfois sur les bancs, agacent par leur sans-gêne le clergé, qui souhaite les "sensibiliser davantage au caractère sacré" des lieux de culte.
"Nous sommes dans une société du zapping touristique, où l'on passe indifféremment de la plage au musée, et du fast-food à la cathédrale".
On peut y voir des "tenues de plage" et le comportement "de moins en moins respectueux" des touristes déambulant dans la basilique "comme s'ils étaient dans un hall de gare".
Pique-nique sur les bancs de l'église.
Ils entrent "casquette clouée sur la tête", en maillot de bain ou pique-niquant sur les bancs".
Il y en a même qui entrent dans l'église pour se changer.
Certains entrent "même en fumant, ou avec leur chien", n'hésitant pas à "exhiber leurs dos nus, leurs ventres nus, leurs nombrils avec des petits piercings".
"On ne peut pas se trimballer avec des valises pour se changer".
"Quant aux tenues, sans être aussi strict qu'en Italie ou en Espagne, où on n'entre pas dans une église les épaules découvertes, il y a un minimum de décence à respecter.
Une jupe qui rase la culotte n'a rien à faire là, estime-t-elle.
Articles de Jacques Munier dans franceculture et de .
Photo : Cartier Bresson à Bonifacio dans les années 60.
