Charles Eugène FENECH.
 
 
Un maltais au service de la France
 
La vie bien remplie de :
 
Charles Eugène FENECH.
 
Gozo (arch. de Malte) 22/11/1786.
BÔNE (Hôpital Militaire) 03/02/1842
 
 
Eugène FENECH, né à Gozo le 22 novembre 1786, appartient à une famille de la petite bourgeoisie maltaise, dont les membres sont pour la plupart médecins, pharmaciens, juristes,
commerçants ou ecclésiastiques.
 
On peut remonter la trace de ses ancêtres jusqu’au début du
16° siècle et l’on constate qu’ils sont apparentés avec pratiquement toutes les familles de l’île.
 
Son grand père paternel, Emmanuel FENECH (né vers 1720) était pharmacien-herboriste.
 
Il avait épousé en 1743 Hélène ABELA, fille d’un négociant local.
 
Son grand-père maternel, Joseph de MARCO, avait fait sa médecine à Montpellier et y avait enseigné l’hygiène et la pathologie.
 
Certaines de ses œuvres peuvent encore être trouvées à la bibliothèque universitaire.
 
Son père, Calcédoine Tiburce, avait une double formation de pharmacien et de juriste.
 
Il tenait une pharmacie à Gozo lors de la naissance d’Eugène.
 
Ses connaissances juridiques lui seront fort utiles lorsqu’il dût quitter Malte.
 
La Princesse Elisa BONAPARTE le nommera Président de tribunal dans sa principauté à Lucques et à Piombino.
 
De sa mère, Rose de MARCO, nous savons peu de choses.
 
Mariée en 1776, mère de sept enfants, dont deux jumelles qui moururent en bas âge, elle demeura à Malte quand son mari quitta l’île et mourut d’apoplexie en 1813.
 
A plusieurs reprises au long du journal, nous retrouverons la trace de son frère Antoine, d’abord sous-lieutenant dans un bataillon corse, puis vérificateur des douanes à Rieti dans le Latium.
 
Revenu à Malte en 1814, il sera commissaire civil à Philippeville puis à Bône aux débuts de la colonisation française.
 
Ses trois sœurs (Marie-Hélène, Emmanuelle et Joséphine) bénéficieront de la protection de la Princesse Élisa BONAPARTE.
 
Les deux premières feront leurs études à l’institution de jeunes filles créée par la Princesse.
 
La dernière jouera le rôle d’institutrice auprès de la fille d’Élisa.
 
Revenue à Malte, elle se mariera avec son cousin Joseph et aura plusieurs enfants.
 
Eugène FENECH évoque également dans son journal son oncle François, pharmacien lui aussi, qui assiste à son mariage, et son cousin Joseph, fils du précédent, dont nous venons de parler.
 
Nous savons par ailleurs que c’est un autre de ses cousins, le frère carme Hilaire, qui bénira son mariage en 1816.
 
Occupation de Malte par les Français (1798-1800) :
 
Vers 1794, les parents d’Eugène quittent Gozo et reviennent dans l’île de Malte.
 
Son éducation et celle de son frère Antoine sont confiées à un religieux cordelier.
 
En juin 1798, Bonaparte débarque dans l’archipel et en prend possession pour la France sans grande résistance.
 
Avant de repartir pour l’Égypte il laisse une garnison de 3.000 hommes sous le commandement du Général de Vaubois et met en place un gouvernement civil et une légion de gardes nationaux.
 
Le père d’Eugène, sans doute acquis aux idées de la Révolution Française, est nommé capitaine de la garde nationale.
 
Les réquisitions opérées par les troupes françaises,
notamment celles qui concernent l’argenterie des églises, provoquent un vif mécontentement de la population et bientôt un soulèvement armé.
 
Les insurgés font appel au roi des Deux-Siciles et aux Anglais, qui bloquent l’île avec leur flotte.
 
La garnison française réfugiée dans la citadelle de la Valette, est harcelée par les milices maltaises, mais les puissantes fortifications de la cité rendent sa position inexpugnable.
 
Les Anglais ne tentent aucun assaut, mais entreprennent de réduire la ville par la famine.
 
Cette tactique réussit, d’autant qu’une épidémie de typhus décime civils et militaires.
 
De Vaubois négocie sa reddition et le rapatriement des troupes sur Toulon (septembre 1800).
 
Les Maltais qui se sont compromis avec l’occupant sont plus ou moins contraints de partir en même temps.
 
Calcédoine FENECH embarqua avec ses enfants le 15 septembre et débarqua à Toulon le 3 octobre suivant, après une traversée assez pénible.
 
Premières années en France – Affectation en Corse (octobre 1800- mars 1806) :
 
A leur arrivée en France les réfugiés maltais furent tout d’abord regroupés à Marseille, puis ramenés vers la Noël à Toulon.
 
Avec une vingtaine d’autres jeunes gens, Eugène et Antoine
FENECH furent confiés à un instituteur chargé d’améliorer leur français et de parfaire leur éducation, mission qu’il accomplit, semble-t-il, avec un plein succès.
 
Sitôt cette scolarité terminée, Eugène se fit admettre comme élève-chirurgien dans les hôpitaux de la marine et commença son service à l’hôpital du Bagne.
 
Il avait à peine 16 ans.
 
Le 2 décembre 1802, il reçut l’ordre de gagner Ajaccio où l’administration avait décidé de regrouper la plus grande partie des Maltais.
 
Il intégra l’hôpital militaire de cette ville et compléta ses revenus en effectuant, le soir, des travaux de secrétariat chez un négociant de la ville.
 
Au printemps 1803, on lui demanda d’aller remplacer à Bocognano un infirmier militaire victime d’une crise de paludisme.
 
A son arrivée, l’infirmerie était particulièrement sale et mal organisée, et il dût déployer beaucoup d’énergie et de travail pour tout remettre en ordre ; cela lui valut la sympathie du maire, M. FERRI-PISANI,
de même que sa participation à l’extinction d’un incendie et
au sauvetage d’une jeune femme menacée par les flammes.
 
Son aptitude à susciter la bienveillance et l’amitié des notables qu’il fréquente est d’ailleurs un des trais marquants de sa
personnalité et elle l’aidera beaucoup dans ses pérégrinations et même dans sa carrière.
 
Au cours de son séjour, il est souvent appelé en consultation par les habitants des villages voisins.
 
Il note l’extrême pauvreté des habitations et des paysans et la tradition qui veut que femmes et filles ne puissent manger qu’une fois les hommes rassasiés.
 
Longtemps avant Mérimée, il remarque aussi les chemises tachées de sang qui pendent au plafond pour rappeler à tous le
devoir de vendetta, lorsque le chef de famille a été abattu.
 
L’infirmerie de Bocognano ayant été supprimée en novembre de la même année, il rentre à Ajaccio.
 
Son expérience des maladies les plus courantes se développe rapidement et il intervient de plus en plus chez des particuliers de la ville, ce qui complète sensiblement sa maigre solde.
 
Il semble qu’il gère assez attentivement son budget, disposition qu’il conservera durant toute sa vie et qui lui permettra de faire régulièrement des économies, là où d’autres dépensent incontinent l’essentiel de leur solde.
 
En septembre 1804 le pharmacien de l’hôpital militaire est nommé à Calvi.
 
Comme cette nomination ne répond pas à ses vœux, il propose à Eugène de le remplacer en lui abandonnant la moitié de son traitement.
 
Cet arrangement est accepté par l’autorité supérieure, mais le séjour sera assez bref, le poste de pharmacien ayant été supprimé au bout de quelques mois.
 
Entre temps, l’hôpital avait été inspecté par le Général MORAND, gouverneur de la Corse, qui se montra très satisfait de la tenue de l’établissement.
 
Ce général s’était pris d’amitié, dans des conditions que nous ignorons, pour la famille FENECH et sa protection fut très précieuse pour le père et les sœurs d’Eugène qui trouvèrent, grâce à son intervention, des postes intéressants dans l’entourage de la princesse Élisa, sœur de l’empereur, princesse de Lucques, puis grande-duchesse de Toscane.
 
Revenu à Ajaccio au printemps 1805, notre ancêtre ne semble pas avoir retrouvé son poste à l’hôpital.
 
Il accompagne son père, devenu plus ou moins le délégué officiel des maltais de Corse, dans divers déplacements et songe un moment à s’établir comme officier de santé dans le Cap Corse.
 
Mais il souhaite surtout poursuivre ses études médicales et décide de rejoindre Toulon.
 
Il quitte la Corse le 28 février 1806.
 

Source : geneanet.

Biographie de Charles Eugène FENECH entre 1798 et 1839, d’après son journal.

Origine familiale (l’auteur indique qu’il n’a pas rédigé personnellement cette partie)
 
 
Retour à l'accueil