Discours de Jean Jaurès au Pré-Saint-Gervais le 25 mai 1913 © Maurice Branger / Roger-Viollet

Discours de Jean Jaurès au Pré-Saint-Gervais le 25 mai 1913 © Maurice Branger / Roger-Viollet

VIOLENCE PATRONALE ET VOLENCE OUVRIÈRE :
Jaurès et Clemenceau, 1906.

Juin 1906.

Les premiers mois de cette année 1906 furent marqués par de nombreuses grèves.

A la Chambre, mi- juin, plusieurs débats opposent le Ministre de l’Intérieur, Georges Clemenceau, et Jean Jaurès.

Dont l’un porte sur cette « violence ouvrière » que le ministre, garant d’un ordre (sanglant) se plaît à souligner.

L’occasion pour Jaurès de rappeler d’où vient cette violence et quelle autre violence, beaucoup plus insidieuse, porte le capitalisme.

Jean Jaurès, discours à la Chambre des députés le 19 juin 1906 :

La violence, c'est chose grossière, palpable, saisissable chez les ouvriers : un geste de menace, il est vue, il est noté.

Un acte de brutalité, il est vu, il est retenu (...).

Le patronat n'a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses !

Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l'intimité d'un conseil d'administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident (...).

Ainsi, tandis que l'acte de violence de l'ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s'évanouit dans une sorte d'obscurité.

 

Source : jaures.eu

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