MARIUS AMBROGGI AS DE L'AVIATION DES DEUX GUERRES.
MARIUS AMBROGGI :
AS DE L'AVIATION DES DEUX GUERRES.

 

 
   
   

 

Marius Jean-Paul Elzeard AMBROGGI, alias Marc, voit le jour le 9 juin 1896 à Marseille dans une famille de Balagna.

 

 

Jeune bachelier, quand la grande guerre éclate, il s’engage le 25 septembre 1914.

 

En décembre il part aux armées comme cycliste.

 

Il  est mis à la disposition de l’aéronautique à sa demande et rentre à l’école de Dijon le 20 février 1916.

 

Il est breveté pilote (n°4477) à l’école de Juvisy, puis suit les cours successivement des écoles d’Avord (15-9-16) où il est nommé caporal, Cazeaux (2-12-16).

 

En mars 1917 il est affecté à la 507 et le 10 avril Marius Ambroggi rejoint la SPA 90 équipée en « Bebé » Nieuport.

 

Dès juillet 1917 une citation le présente comme un pilote de tout premier ordre.

 

Très vite il se spécialise dans la chasse aux Drachen (ballons d’observation) et il finit la guerre avec quatorze victoires officielles dont onze drachen.

 

Après la croix de guerre, il est décoré de la médaille militaire (2 février 1918) à même pas vingt deux ans, le 11 août la légion d’honneur lui est attribuée.

 

Lieutenant en juin 19, il quitte l’armée en janvier de l’année suivante.

 

Il est rappelé sous les drapeaux en août 1939 au GAO 515 puis versé dans la chasse il est affecté le 3 décembre au GCI/8 comme adjoint au commandant du groupe sur la base aéronautique navale d’Hyères-Palyvestre. 

 

Pourvu de Bloch 152, le 1/8 effectue des exercices de combat avec les formations installées dans le midi (GAO, GB) : exercices de chasse, de tir.

 

Toutefois l’ambiance est monotone du fait de l’inaction imposée par les intempéries.

 

Le 11 mars le groupe est stationné à Cherbourg Maupertuis affecté à des missions de couverture du secteur maritime.

 

Du 10 avril au 9 mai, il rejoint la zone d’opération aérienne (ZOA) est à Verlaine en Haye pour couvrir la frontière.

 

Missions de reconnaissance, de couvertures de troupe, de destruction, se succèdent et le commandant Ambroggi y prend une part active.

 

Grâce à un entraînement aérien suivi lors de ses nombreuses « périodes » dans la réserve depuis son départ de l’armée, Ambroggi n’a rien perdu de ses qualités de pilote et de son enthousiasme ainsi qu’il le démontre chaque jour.

 

A compter du 8 mai le groupe est en état d’alerte renforcée.

 

Le 12 il est à La Fère Courbes, puis sous la poussée des blindés allemands et les bombardements de l’aviation, la IX Armée recule et le 1/8 se replie sur Chantilly (16 mai).

 

Le 18 mai, en fin d’après-midi, le groupe effectue sa troisième mission de couverture sur le secteur Compiègne, Cambrai, Forêt de Normal, Saint Quentin, La Fère.

 

Il s’agit d’une patrouille double du 1/8 partie prenante d’un dispositif comprenant une patrouille tripe du GC 1/1, l’ensemble commandé par le capitaine Coutaud du 1/1.

 

Peu après qu’un Heinkel 126 ait été abattu par le lieutenant Legentil et le capitaine Calmon du 1/8, la patrouille lieutenant Bouysse / commandant Ambroggi / sergent chef Corrin intercepte à l’est du Cateau un Dornier 17 rentrant de mission.

 

Attaqué en tenaille par les trois pilotes, le Dornier pique vers le sol et s’écrase au sud de Cambrai.

 

Après avoir rejoint le dispositif, la patrouille attaque un Heinkel 126 protégé par huit Messerschmitt 110, alors que le pilote du Heinkel manœuvre pour s’échapper, les Me 110 effectuent un mouvement tournant contre la patrouille, dans de telles conditions Bouysse, Ambroggi et Cerrin préfèrent rompre le combat et rentrer à la base.

 

Pour cette action, le commandant Ambroggi sera cité à l’ordre de l’Aviation de chasse avec attribution de la croix de guerre avec étoile de vermeil :

 

« Brillant pilote de chasse, au cours de la guerre 14-18, vient d’affirmer une nouvelle fois, ses qualités d’énergie et d’audace en participant, comme équipier à la destruction d’un Dornier 17 ».

 

Toutefois les combats continuent le personnel du groupe est à bout de forces et même la précieuse flûte du commandant Ambroggi, instrument extrêmement populaire parmi les pilotes, n’arrive plus à les distraire.

 

A l’armistice signé le 22 juin, le groupe est à Cazaux.

 

Pour sa part, le commandant Ambroggi est démobilisé en août 40 et rentre dans ses foyers.

 

Il a des contacts avec la résistance et participe aux combats de Montolivet aux côtés des FTP.

 

Ambroggi a consacré sa vie à l’aviation et à son rayonnement ainsi il sera durant vingt-cinq ans président de l’Aéro-club de Provence, il a été vice président de l’Association nationale des as.

 

Décédé le 25 avril 1971, il repose au cimetière d’Artigone sur Verdon dans le Haut Var.

 

Titulaire de la croix de guerre 14-18, 39-45 (avec étoile de vermeil), de la médaille interalliée, de la médaille commémorative de la grande guerre, de la croix du combattant volontaire, de la médaille militaire, de la médaille de l’aéronautique, de la grande médaille d’or des vieilles tiges, chevalier du mérite militaire, commandeur de la légion d’honneur, il est l’un des rares pilotes à avoir remporté des victoires aériennes au cours des deux guerres mondiales.

 

Source : Antoine Marchetti.

Photo : Fan d'avions - Free

 

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