LA DEMOISELLE.

... ... ... LA DEMOISELLE ... ... ...

Jamais d’enfants, point de mari,
Ainsi elle traversa la vie,
Si empreinte de modestie
Qu’elle fut souvent mise à l’oubli.

Elle demeurait dans un logis
Où seuls tenaient un pauvre lit,
Deux ou trois meubles décrépits
Que les ans avaient bien meurtri.

Elle sortait peu, vivait sans bruit,
Laissant les heures, jour et nuit,
Marquer le sceau de son ennui
Au rythme du temps qui s’enfuit.

Toujours elle allait à l’église
Prier les saints pour qu’ils suffisent
A ses doléances concises
Où la piété était de mise.

Au parc, quelques fois on la vit
Donner du pain un peu rassis
Aux oiseaux qu’elle avait conquis
En patience et gestes précis.

La demoiselle fut ainsi,
Durant des années affadies,
L’ombre d’un quartier où la vie
La reléguait avec mépris.

Elle mourut seule un jour de pluie
Perdue au fond de son réduit
Où sa pauvre âme là s’enfuit
Laissant son corps tel un vieux fruit.

La solitude est triste et grise
Issue de douleurs incomprises
Et d’attitudes qui méprisent
Celles et ceux qu’elle martyrise.

Manu Edouard Moulin
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