LA VIEILLE DAME.
Je t'aime O Vieille Dame au coeur vêtu de noir
Là, sur la scène de la vie je t'applaudis
Condamnée à ravaler larmes et déboires
Tu inventes encore des raisons d'être hardie
Tous te bousculent, et ton corps, lui, te malmène
Mais tu restes sur ta canne campée en reine
Courbée du deuil de la totalité des tiens
En signe d'un espoir qui jamais ne s'éteint
Ton visage sans l'ombre d'un fard, rayonne
De beauté volée à la Nuit en ingénue
Si j'osais je tendrais vers tes joues inconnues
Ma main pour chérir l'Amour qui par toi donne
Tu éveilles en moi tant de douce tendresse !
En toi j'aime encor si fort, mère et grand-mère
Et l'inéffable et subtil' candeur altière
D'une amie qui parle au nom de la Sagesse
Tu marches dans la rue trainant tes pas si lents
Et mon coeur en ressent des émois étonnants
Sans le savoir je deviens un peu ton enfant
Pris du besoin de tenir ta main un instant.
Texte : A Lucienne Gaude.
Photo : François Desjobert.
