INDÉPENDANCE DE LA GRÈCE 3 FÉVRIER 1830.
Le 25 mars 1821, en Grèce, l'archevêque de Patras donne le signal de la rébellion contre la tutelle ottomane.
En moins de dix ans mais au prix de grandes souffrances et avec le concours précieux des Occidentaux, les Grecs vont obtenir l'indépendance d'une petite partie de leurs terres, incluant l'Attique (Athènes), le Péloponnèse et le sud de l'Épire.
Signé le 3 février 1830, le protocole de Londres, qui décide la création d'un État grec indépendant sous la protection des puissances russe, britannique et française, et qui est entériné en 1832 par l'Empire ottoman vaincu, constitue une étape cruciale dans le lent avènement du principe des nationalités en Europe.
Il en est en effet la première victoire sur le plan diplomatique depuis le congrès de Vienne de 1815, où avait triomphé le principe de légitimité dynastique.
Déclenchée à l'initiative des sociétés secrètes helléniques dès 1821 dans l'ensemble balkanique, la révolte anti-ottomane se réduit vite à la Grèce méridionale et aux îles de la mer Égée.
La résistance grecque face à la très dure réaction turque (massacres de Chio en 1822) suscite la sympathie du mouvement libéral européen, comme des milieux conservateurs, qui entendent soutenir un peuple chrétien contre un occupant musulman.
Vaincus à Navarin par la flotte franco-britannique (20 octobre 1827), puis lors de la guerre russo-turque (1828-1829), les Ottomans doivent céder.
Ils poursuivent ainsi leur long reflux hors des Balkans, qui ne s'achèvera qu'au lendemain de la Première Guerre mondiale.
Vincent GOURDON. universalis.fr et herodote.net
Photo : Les massacres de Scio.
La célèbre toile d'Eugène Delacroix, présentée au Salon de 1824, évoque de cruels massacres qui firent 70 000 victimes en avril 1822.
Elle a contribué à faire pencher l'opinion occidentale en faveur des Grecs et à déclencher en 1827 l'opération anglo-franco-russe de Navarin.
