MARTHE FRANCESCHINI IMPÉRATRICE DU MAROC.
Dhâwiya, l’ancêtre corse, «impératrice du Maroc»
Lors du séjour de la famille royale en Corse, l’écrivain François Salvaing, dans son livre, «818 jours», rapporte plein d’anecdotes sur le quotidien de la famille royale à travers ses pérégrinations. L’auteur rapporte, par exemple, l’invitation faite au sultan à se rendre à Corbora, chez la famille Franceschini, qui y possède un château, dit le «château des turcs». Les Franceschini se considèrent liés aux Alaouites par alliance, puisqu’ils sont les héritiers de la reine Dhâwiya, née Marthe Franceschini en 1756 à Tunis. Elle est la fille de Jacques-Marie Franceschini et de son épouse Silvia Monchi, capturés quelques années plus tôt par des pirates tunisiens et remis aux services du Dey de Tunis à qui il sauve la vie en lui révélant un complot qui visait à l’assassiner. Pour le remercier, celui-ci lui offre de riches cadeaux et lui rend sa liberté. Au cours du voyage de retour, ils sont enlevés par des Marocains et sont vendus comme esclaves au Sultan Sidi Mohammed ben Abdallah qui confie à Jacques-Marie la direction des travaux du jardin impérial à Marrakech. Jacques-Marie a l’idée de faire parvenir au Sultan, un mémoire relatant le fait qu’il est sujet du Bey de Tunis à qui il a sauvé la vie et qu’il ne peut être considéré comme un étranger. Il est reçu par le Sultan devant lequel il se rend avec sa femme et ses deux enfants, Marthe et Vincent. Le Souverain est «impressionné par la grande beauté, la grâce et l’esprit» de la jeune Marthe au point «d’ordonner qu’elle soit immédiatement emmenée pour faire l’ornement du sérail». Marthe se convertit à l’Islam et reçoit le nom de Dhâwiya, la lumineuse et devient sa femme légitime. Elle suit des cours de droit coranique et obtient le diplôme de Talba (licenciée en droit), ce qui est quasiment unique à l’époque. Elle a la charge «de la correspondance avec les cours européennes» et son influence est grande sur la politique intérieure et extérieure du pays. Dhâwiya meurt en 1799 à Larache où elle s’était retirée après le décès de son époux, Sidi Mohammed Ben Abdallah. Celle que l’on surnomme dans son pays d’origine, «L’impératrice du Maroc» aura connu un destin exceptionnel avant d’inspirer de nombreux récits, contes ou légendes.
Texte et photo : leconomiste.com
