APPIETTO : RINIERI PREMIER SEIGNEUR DES GOZZI..

APPIETTO :

RINIERI PREMIER SEIGNEUR DES GOZZI..

 

Dans ce périmètre, Appietto apparaît, entre autres, comme un territoire très prisé par les Corses du néolithique moyen et récent.

La société y évolue comme dans les autres "contextes méridionaux", en élevant des fortifications, "particulièrement denses du côté de Lava".

À certains moments, les bâtisseurs se montrent toutefois plus audacieux que la moyenne : "L'implantation du castellu di a Sora, selon des prérogatives sans doute liées à l'exploitation des ressources marines et littorales constitue un cas unique à l'échelon insulaire".

On semble aussi plus sensible à l'esthétique des sites sur les terrasses de Punta Ficaggiola, "un des plus beaux sites d'architecture militaire".

C'est d'ailleurs "Ficaggiola qui fera entrer Appietto dans l'Antiquité".

L'heure est à présent à la construction d'un habitat groupé, perché et fortifié de préférence.

On resserre les rangs. On privilégie une démarche communautaire.

On a compris que l'union fait la force face aux pirates et autres assaillants en quête de populations à massacrer et de terres à conquérir.

Les jours tranquilles sont mis à profit pour développer une économie tournée en priorité vers l'élevage.

Réfugiés russes.

Appietto sur son littoral s'impose aussi peu à peu comme un relais de mouillage au coeur des échanges commerciaux.

Tandis qu'un habitat romain s'implante à Piscia Rossa.

Du moins c'est ce que les tessons et les tuiles découverts laissent supposer.

Quelques siècles plus tard, au Moyen-Âge, les seigneurs connaîtront leur âge d'or à Appietto, comme partout ailleurs à travers l'île.

Cette fois, c'est "une branche cadette des Cinarca qui prend le contrôle de la région".

C'est Rinieri, premier seigneur des Gozzi qui montre la voie à suivre.

Son territoire s'étend depuis Appietto jusqu'au Celavo.

Le maître des lieux a fait bâtir son château au sommet des falaises, "ce qui permet de voir et d'être vu à travers toute la seigneurie".

La bâtisse, dont on discerne encore les ruines, est accolée à deux citernes et à une chapelle.

Les féodaux grisés par le pouvoir en ce bas monde songent aussi au salut de leur âme.

Plusieurs sites fortifiés seront élevés à travers la région, en surplomb du col de Listinconu, sur la crête entre la Punta San Sisto et le col de Sarzoggiu, ou a la torra di Loreto.

Les Génois prendront ensuite le relais des Gozzi.

Ils envisagent Appietto comme un site à fortifier.

Les tours de Pelusella et de U Marchisacciu, entre autres voient le jour.

Ce sera ensuite à Pasquale Paoli puis à l'administration française d'ajouter des pièces supplémentaires au puzzle.

Le village - piève entre dans d'autres processus caractérisés par une succession d'événements notables entre 1769 et 1799, une économie en constante évolution ou encore l'arrivée en 1921 de réfugiés russes.

Tandis que l'église Santa Maria Assunta figure, pour l'éternité sans doute, un repère fort.

 

Appietto, mémoire d'un territoire, sous la direction de Charles Grisoni et Hélène Paolini-Saez, 291 p. Alain Piazzola

 

 

Photo : Editions Alain Piazzola, croquis imaginant le casteddu à partir du relevé des murs subsistant, au centre, la chapelle castrale.

 

Source : Corse Matin. Par Véronique EMMANUELLI

 
Article proposé par Spaziu Celavesu
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