Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Corse Images et Histoire

Corse Images et Histoire

Découverte de la Corse : ses paysages, sa Culture, son Histoire, sa Langue.

CHURCHILL DE PASSAGE À AJACCIO.

CHURCHILL DE PASSAGE À AJACCIO.

CHURCHILL DE PASSAGE À AJACCIO.

‘‘My darling, le 14 août, je me suis envolé pour Ajaccio avec deux officiers de mon groupe.
Vous souvenez- vous, nous y étions allés en 1910 et nous avions visité la maison de Napoléon ? »

Ainsi écrivait Winston Churchill le 17 août 1944 depuis Naples à son épouse bien-aimée Clémentine.

Churchill est arrivé à Ajaccio sur l’avion Dakota du général Wilson. Un voyage sans encombre malgré les multiples dangers.
Le chef du gouvernement britannique trouve l’aéroport « fort petit et d’accès difficile, » ce qui met d’autant en valeur les qualités du pilote.

Aussitôt, il se rend à bord des navires britanniques au mouillage, notamment le HMS Royal Scotsman et le HMS Largs où il sera reçu à dîner.
Sur le vaisseau-amiral, se trouvent le général Wilson et l’amiral Cunningham, commandant en chef des forces navales en Méditerranée.
Car le lendemain 15 août, une armada navale et aéroportée venue de Naples, d’Afrique du Nord mais aussi de Corse se lancera à l’assaut des plages de Provence.
Depuis Ajaccio, le PC allié dirige les opérations, prêt à réagir au cas où l’affaire tournerait mal.
Churchill, lui, veut aller se rendre compte sur place dès l’ouverture des hostilités.

Nom de code de l’opération : « Dragoon ».
Car la Corse libérée est devenue un porte-avions capable de porter le fer et le feu contre les troupes du Reich qui occupent encore le sud de la France, deux mois après le débarquement de Normandie.

Les premiers à débarquer dans la nuit du 14 au 15 août, sont les 600 hommes du Groupe des commandos d’Afrique venus de Bastia et de Propriano.
Aux ordres du lieutenant-colonel Bouvet, ils débarquent en silence, tombent sur un champ de mines qui s’avère fort heureusement un leurre, et « embarquent » le chef de gare du Rayol-Canadel en pleine nuit pour qu’il leur serve de guide.
À 4 heures, alors qu’ils gravissent les pentes du Mont Biscarre - leur objectif – l’ennemi se réveille et ouvre le feu.

Mais dès 10 heures, les deux batteries allemandes sont neutralisées et le Cap Nègre tombe aux mains des Alliés.

Churchill rejoint Ajaccio vers 22 heures, où il est attendu au quartier- général allié.
« J’apprends alors que tous les débarquements sauf un ont été couronnés de succès.
Les trois divisions américaines ont pris pied en toute sécurité avec seulement des pertes légères.

En Corse, une formidable logistique s’installe pour soutenir les forces alliées débarquées.
Une noria de ravitaillement en combustibles et en vivres est mise en place depuis les navires basés à Ajaccio et Propriano.
Des pétroliers alimentent les pipelines desservant les aérodromes de la Plaine orientale à l’intention des bombardiers de l’US Air Force.

Durant sa brève escale ajaccienne, Winston Churchill aurait rendu visite à Nicolas Pietri, grand ami de Clemenceau.
À ce qu’il paraît, le « Vieux Lion » aurait laissé son empreinte dans le golfe : les mégots de ses cigares auraient été conservés par le chauffeur de Pietri...
Comme un parfum de victoire.

Texte : Par J-P GIROLAMI. Corse Matin.
Article proposé par Pascal Sluse.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article