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Corse Images et Histoire

Corse Images et Histoire

Découverte de la Corse : ses paysages, sa Culture, son Histoire, sa Langue.

Photo : Patrice Lapoirie.

Serge Klarsfeld: "La Corse est bien une île des Justes"

Des Corses ont été les héros ordinaires de la Seconde Guerre mondiale en protégeant des familles juives traquées par le régime de Vichy.


Serge Klarsfeld, écrivain, historien est, avec son épouse Béate, un redoutable chasseur de nazis.

Le couple a été à l’initiative des procès de Klaus Barbie, Paul Touvier, Maurice Papon, et bien d’autres qui, sans son obstination, n’auraient jamais rendu de comptes pour leurs abominations et leur inhumanité.


En Corse, Il s’agit de déterminer le plus précisément possible le nombre de juifs étrangers qui étaient arrêtables au moment de la rafle du 26 août 1942 lancée dans les quarante départements de la zone libre.

Des Juifs issus de pays occupés qui n’existaient plus, Autriche, Pologne, Tchécoslovaquie, etc., des juifs allemands et des juifs apatrides, sans nationalités ni passeports.

En Corse, on sait qu’ils ont été protégés par les autorités et par la population.

Il y a eu malgré tout un déporté, un seul, un peu comme l’exception qui vient confirmer la règle…


C’est vrai, Ignace Schreter, un juif allemand réfugié dans l’île a été arrêté le 30 septembre 1942 et déporté à Sobibor où il a péri, mais c’était en quelque sorte accidentel.

Il a été arrêté sur ordre du secrétaire général de la préfecture d’Ajaccio qui a profité de l’absence du préfet, retenu ce jour-là à une conférence interrégionale à Marseille, et qui, lui, avait eu le cran de désobéir aux circulaires du pouvoir.

Le préfet Paul-Louis Balley qui, avec les sous-préfets Pierre-Henri Rix à Bastia et Jacques Ravail à Sartène, a dissimulé la présence des juifs étrangers dans l’île…


Avec l’assentiment des services de police et de gendarmerie, ils ont prétexté un afflux de « touristes » et ils ont même délivré de vrais-faux passeports turcs.

Les archives sont éloquentes sur cette attitude tout à fait inédite en France au niveau des préfets puisque dans tous les autres départements, il y a eu des déportés en nombre.

 

Le camp de regroupement à Asco :
80 adultes avaient été placés en résidence forcée, mais il s’agissait d’une volonté de protection de la part des militaires et des diplomates italiens qui ne partageaient pas la vision antisémite de Mussolini.

Ces juifs français bénéficiaient aussi du soutien de la population et du maire.

Lorsque la Wehrmacht a envahi les zones d’occupation italiennes, dont l’île, elle a été confrontée à la Résistance corse dont on connaît les actes d’héroïsme mais aussi à quelques régiments italiens.

Les manuels d’histoire ont mis 60 ans à dire que la Corse a été le premier département de France à se libérer…


On a été trop discret sur cet épisode. Comme on a trop souvent ignoré qu’au Siècle des Lumières, Pascal Paoli avait octroyé aux juifs le statut de citoyen à part entière assorti de la liberté de culte.

En Corse, au sujet de la protection des juifs, on ne parlent ni de courage ni d’héroïsme, mais d’une hospitalité « normale »…


Et pourtant, il n’y avait rien de normal car les risques encourus étaient réels même si dans le rural les sanctions étaient peut-être un peu moins connues.

Les familles corses avaient affaire à des gens innocents qui n’étaient pas différents d’eux.

Au-delà de l’élan d’humanité, leur sens de l’hospitalité montre qu’elles étaient imperméables à la propagande antisémite.


Je suis d’autant plus heureux de venir en Corse, que tout au long de ma vie, mes déplacements m’ont conduit forcément dans des terres qui ont vécu les événements tragiques de la Shoah.

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