Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Corse Images et Histoire

Corse Images et Histoire

Découverte de la Corse : ses paysages, sa Culture, son Histoire, sa Langue.

CHÂTEAU MÉDIÉVAL DE CLISSON.

CHÂTEAU MÉDIÉVAL DE CLISSON.

Au temps de la Bretagne indépendante, le château situé au carrefour des Marches de Bretagne, de l'Anjou et du Poitou, est l'une des grandes places fortes frontalières du duché de Bretagne.

Le site fait ainsi face aux bastions français de Tiffauges et Montaigu.

Les premiers seigneurs de Clisson occupent le site dès le début du XIe siècle; ils sont mentionnés avec certitude pour la première fois en 1061.

Le château, à son origine entre 1058 et 1060 simple castrum, aurait été constitué de clôtures de bois, ou clis, ce qui serait à l'origine du nom Clisson.

Par la suite et jusqu'au début du XIIIe siècle, le site semble avoir été défendu par une « forteresse romane, massif donjon soutenu par des contreforts et entouré d'une enceinte ».

Les parties les plus anciennes du château actuel datent du début XIIIe siècle (avant 1217).

Guillaume de Clisson (vers 1175 – avant 1225) souhaite alors optimiser la défense de l'édifice et choisit donc d'en établir les bases sur un éperon rocheux de granite dominant la Sèvre.

Cette enceinte primitive se présente à cette époque sous la forme de deux polygones irréguliers flanqués de tours cylindriques et isolés du plateau rocheux par un fossé peu profond. Une barbacane défendant l'entrée du château est ajoutée au nord, au bout d'une courtine.

Le château est sans doute démoli, dans les années 1240, sur ordre du duc Jean le Roux (1237-1286), dans le cadre d'un conflit opposant Olivier II de Clisson, petit-fils de Guillaume, à ses deux demi-frères.

Au XIVe siècle, Olivier III de Clisson incorpore un châtelet servant d'accès à la cour.

Ce châtelet est, par la suite, modifié en un gros donjon quadrangulaire.

Le château devient le cadre des vies mouvementées d'Olivier IV de Clisson puis d'Olivier V de Clisson.

Olivier IV, tout d'abord, présumé coupable d'entente avec les Anglais, est décapité aux Halles de Paris le 2 août 1343, sur ordre du roi de France Philippe VI de Valois.

Sa femme, Jeanne de Belleville, se réfugie en Angleterre avec son fils, Olivier V, qui retrouve ses possessions après son alliance avec les Français.

Mais ce riche seigneur, devenu connétable en 1380, ne réside que très peu à Clisson, dont le château, dans lequel il est né, est peut-être confié à un châtelain.

Après 1420, Marguerite de Clisson, fille d'Olivier V et comtesse de Penthièvre, accusée de trahison envers le duc de Bretagne Jean V est dépossédée de ses biens : le château devient propriété du duc de Bretagne et apanage de Richard d'Étampes, le .

Les Penthièvre s'enfuient, mais cantonnent tout de même une garnison dans la ville. Pour enfin disposer pleinement de son bien, Richard doit assiéger le château et la ville. La reddition de la ville ne tarde pas, peu avant le

Le château devient ensuite l'une des résidences préférées du duc François II de Bretagne, fils de Richard d'Étampes, qui s'y remarie avec Marguerite de Foix en 1471.

Le duc y célèbre de somptueuses fêtes et y organise des chasses. Son principal souci, et celui de ses héritiers, est d'assurer la protection de la partie sud de la forteresse pour protéger l'accès sud de Nantes.

Le château est agrandi à l'ouest par un nouvel enclos rectangulaire de près de cent mètres de longueur, armé de tours avec casemates pour l'artillerie.

François II nomme Guion le Heuc pour la réalisation des travaux.

Les travaux commencent en 1464, et sont achevés en 1488.

L'ancienne entrée est modifiée et la courtine est prolongée et complétée par une barbacane. Deux tours rondes sont construites à l'extrémité ouest de l'extension.

Dans la fosse sud, un rempart, dit « fausse braie », est aménagé pour faciliter la sortie des défenseurs.

Des bastions à orillons sont bâtis pour compléter la défense de la partie sud ; ainsi, trois lignes de défense échelonnées en profondeur protègent la forteresse.

Le château sous les Avaugour

Jusqu'au XVIIe siècle, le château est la résidence de la famille d'Avaugour, issue de François Ier d'Avaugour, fils illégitime de François II de Bretagne.

Il est alors modifié et transformé au goût de l'époque. On peut noter l'utilisation de tuffeau pour les bâtiments ajoutés durant cette période.

La deuxième moitié du XVIe siècle est troublée par les guerres de la Ligue.

La Bretagne est catholique, tandis que le Poitou est tenu par les protestants, notamment à Montaigu.

Le château de Clisson redevient une place-forte clé.

Le duc de Mercœur, partisan de la ligue y fait installer des troupes en 1587, et en 1588 Charles d'Avaugour, seigneur de Clisson depuis 1586, se fait prêter de la poudre pour défendre son château, devenu une cible prioritaire des calvinistes.

Henri de Navarre, futur Henri IV, à la tête des huguenots de Montaigu, menace d'attaquer Clisson en septembre 1588, mais il renonce, craignant un long siège de la forteresse.

Charles d'Avaugour se range du côté du roi Henri III en 1589, et reste fidèle à la monarchie française lorsque Henri IV monte sur le trône.

La forteresse de Clisson devient donc un point d'appui contre le duc de Mercœur.

D'Avaugour conduit même des raids aux alentours de Nantes contre les ligueurs, et est fait prisonnier lors d'une de ces excursions.

Après la victoire d'Henri IV, des sommes sont prélevées, en 1596, sur les biens des ligueurs nantais pour permettre des travaux sur les fortifications de Clisson, étant donné l'importance stratégique du site.

 
Gravure du château, avant la Révolution.

Le châtelet s'écroule au milieu du XVIIe siècle.

Le , Henri François d'Avaugour meurt sans descendance.

Les possessions et titres des Avaugour passent à Charles de Rohan qui se désintéresse du château et ordonne la vente du mobilier, effectuée le et les jours suivants, ce qui entraîne la disparition de nombreux éléments de grande valeur historique, notamment des parchemins.

La forteresse est ensuite abandonnée par ses propriétaires, et diverses familles occupent les appartements jusqu'en 1793.

Durant la guerre de Vendée, l'armée de Mayence y établit son quartier général.

À la suite de leur défaite à la bataille de Torfou, Canclaux et ses troupes républicaines font étape dans Clisson.

En 1793, ils incendient le château et la ville avant de partir.

En , pendant les raids meurtriers des colonnes infernales, une trentaine de personnes cachées dans les ruines du château sont égorgées ou jetées vivantes dans un puits , ou fusillées sur l'esplanade sud.

Revalorisation du lieu par Lemot

 
Les ruines du château au XIXe siècle.

Après la Révolution, les habitations de la ville doivent être reconstruites ; ainsi, le château en ruine devient carrière de pierre et les Clissonnais y prennent les matériaux de construction.

Le sculpteur François-Frédéric Lemot découvre Clisson au début du XIXe siècle grâce à ses amis Pierre et François Cacault. Attiré par les ruines du château, il entreprend de l'acheter et de le conserver, en 1807 :

« Affligé depuis longtemps de la destruction de presque tous nos édifices gothiques, je m’empressai d’acheter celui-ci, dans l’unique intention de conserver avec soin ce monument […] ».

Les ruines du château constituent alors pour Lemot une fabrique du parc de la Garenne Lemot qu'il acquiert quelques années plus tard, sur l'autre rive de la Sèvre.

En 1812, Lemot publie une Notice historique sur la ville et le château de Clisson dans laquelle il décrit l'histoire du château et son architecture.

Le dessein de Lemot est de créer un domaine à l'italienne, évoquant les paysages aux ruines antiques d'Italie.

La restauration du château, qu'il entreprend avec son régisseur Gautret, n'a donc pas de préoccupation archéologique.

Il élimine notamment des bâtiments de tuffeau du XVIIe siècle et entreprend la réfection de certaines toitures ; il prévoit aussi l'aménagement des bastions à oreillons, selon des plans de l'architecte Mathurin Crucy, où il souhaite implanter un obélisque.

Une maison pourvue d'une grande galerie ainsi qu'un jardin occupant le bastion des marronniers, celui surplombant la Sèvre, est aussi prévu par l'architecte. Cependant, ces projets d'aménagement seront abandonnés par la suite.

 

Un château source d'inspiration pour les romantiques

 
Le château, vers 1890–1900.
 
État actuel de la face est du château.

Au cours du XIXe siècle, les ruines de château attirent peintres et sculpteurs romantiques, tels Louis-François Cassas ou Claude Thiénon, et des écrivains : Gustave Flaubert, de passage à Clisson, décrit ces ruines dans un style romantique et le poète Évariste Boulay-Paty décrit le château au temps du connétable dans un sonnet.

Au début du XXe siècle, le château sert de modèle pour le tableau Le Château de Clisson peint par l'artiste néo-impressionniste Jean Metzinger, en 1905, exposé au musée des beaux-arts de Nantes.

 

Sources et photos : wikipedia.org

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article