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Corse Images et Histoire

Corse Images et Histoire

Découverte de la Corse : ses paysages, sa Culture, son Histoire, sa Langue.

Le couvent d'Orezza se situe à 680 mètres d'altitude, en Castagniccia (Haute-Corse) sur la commune de Piedicroce, non loin des hameaux de Pastoreccia et Fontana. Il est en bordure de la D71 entre Piedicroce et Campana, à un kilomètre du village de Piedicroce.

Histoire

 
 Le couvent d'Orezza, ou : couvent Saint François de Piedicroce d'Orezza), se trouve à 1 km environ au Nord de Piedicroce, sur la D71. Il est accessible également par un sentier de randonnée : la boucle N°1 ou sentier "di u cunventu d'Orezza".
Il fut un haut lieu de l'histoire de la Corse :

Le couvent d'Orezza fut fondé en 1485 par des observantins.

Il passa plus tard aux mains des franciscains qui y édifièrent, vers le XVIIe siècle, une église immense dotée de six chapelles. Il devint l'un des lieux phares de la lutte de la Corse contre la République de Gênes.

Plusieurs consultes (assemblées consultatives, "cunsulte" en corse) se tinrent au couvent d'Orezza et en firent l'un des lieux les plus importants de l'indépendance de la Corse.

En mars et avril 1731, le chanoine Orticoni et d'autres théologiens s'y réunirent pour débattre sur la légitimité de la révolte contre Gênes. Le 20 avril 1731, ils décrétèrent à l'unanimité que la Cause des Corses était "sainte et juste".

Cet épisode fut le premier tournant politique de la Corse vers l'indépendance. 

Les 6, 7 et 8 janvier 1735, la consulte d'Orezza élut Don Louis Giafferi, Hyacinthe Paoli et André Ceccaldi comme Généraux de la Nation (garants du pouvoir exécutif) et vota le texte de la Constitution énoncé à Corte dans les jours qui suivirent.

Elle plaça le peuple corse sous la protection de la Vierge, érigea le 8 décembre (jour de l'Immaculée Conception) comme jour de fête de la Nation Corse et le Dio Salvi Regina fut adopté comme hymne national.

En juin 1751, une consulte élut Jean-Pierre Gaffori comme Général de la Nation.

Du 9 au 27 septembre 1790, une consulte mit en place la nouvelle administration départementale, pour la première fois libérée de la tutelle royale depuis 1769 et la fin de l'indépendance de la Corse.

Elle donna tous les pouvoirs à Pascal Paoli  en présence de Napoléon et de la famille Bonaparte.

C'est à partir de 1832 que le couvent commença à perdre de sa superbe, date à laquelle l'État français engagea un processus de vente à des particuliers. Le couvent abrita la gendarmerie jusqu'en 1934, puis la toiture s'effondra.

Après son abandon, l'église sert de cimetière puis d'écuries aux gendarmes.

Dans ses dépendances, il restaient encore les 4 dortoirs pavés d'ardoise, une cuisine dans laquelle jaillissait une source d'eau vive, un long bâtiment annexe à usages divers : on y avait même installé, vers la fin du XIXème siècle, un bistrot et une boîte de nuit.

« Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les occupants italiens avaient fait du couvent un dépôt de munitions qu'ils ont fait sauter à l'approche des Allemands venus occuper le canton en septembre 1943.

Les dégâts furent considérables, ce qui amena les pouvoirs publics à refuser le classement du couvent en monument historique, ni même à l'inscrire à l'inventaire ».

De nos jours, il n'en reste qu'une ruine laissant apparaître quelques détails de son ancien prestige, tels que des arcades avec des restes de décors stuqués, la structure de son ancien clocher et des vestiges de l'autel privilégié quotidien perpétuel (13 mars 1769) de l'Eglise conventuelle, qui laisse apparaître un cartouche sur son fronton avec une inscription en latin qui le nomme : ALTARE. PRIVILEGIATO.PERPETUO.QUOTIDIANO. 1769.A.13.MARZO. et dans une frise en dessous : SALVA NOS SALVA (sauvez nous) PER VIRTUTE CRUCIS (en vertu de la croix).
Les vestiges dans leur ensemble présentent des bâtiments conventuels construit en L, une église conventuelle de plan allongé, disposés autour d'une cour fermée, le tout ayant été bâti en schiste, moellons et enduits, selon les procédés traditionnels de Castagniccia.

 

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