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Corse Images et Histoire

Corse Images et Histoire

Découverte de la Corse : ses paysages, sa Culture, son Histoire, sa Langue.

LA CORSE VUE PAR PONSON DU TERRAIL.

LA CORSE VUE PAR PONSON DU TERRAIL.

LA CORSE VUE PAR PONSON DU TERRAIL.

En Corse, la notion d'appartenance est d'abord lié au village. 
Là sont les racines. 
D'un village à l'autre, d'une vallée à l'autre, d'une région à l'autre, et à plus forte raison d'une ville à l'autre, la différence est ressentie à l'extrême.

Au nord s'allonge une langue de terre couverte de vignobles, d'orangers et d'oliviers : c'est le Cap corse.

Au nord-ouest s'étend une succession de riches et vertes plaines bien cultivées, fertiles, semées çà et là de villages blancs et coquets, c'est la Balagne. 

À l'ouest, une contrée montagneuse expose au soleil méridional ses maquis vert sombre, ses forêts chevelues et vierges, ses villages à maisons crénelées, à physionomie guerrière : 
ce sont les arrondissements d'Ajaccio et de Sartène, les deux cantons belliqueux de la Corse, la véritable Corse vindicative et sauvage, patriarcale et superstitieuse, religieuse et martiale. 

Au sud, une plaine de quelques lieues carrées, semée d'étangs malsains, de fiévreux marécages et dominée par un rocher qui supporte une ville et surplombe la mer avec une hardiesse si folle, si téméraire, qu'il semble à chaque instant que roc et ville vont s'abîmer et disparaître sous le flot qui les ronge et les fascine depuis le commencement du monde. 
Cette ville est Bonifacio. 

À l'est, entre la chaîne épinière des montagnes et la mer d'Italie, se déroulent et s'allongent des plaines immenses, fertiles comme celles du Brésil, désertes comme elles, incultes malgré leur luxuriante végétation et sillonnées à peine par de rares troupeaux de brebis noires et de pâles et hâves bergers qui tremblent de cette fièvre terrible qui règne en sombre despote sur le littoral du levant depuis Porto-Vecchio jusqu'à Aleria. 
C'est la côte orientale, la plus belle partie, la plus inexplorée peut-être de toute l'île.

À l'extrémité de la côte orientale, au milieu d'une plaine non moins fertile, non moins belle, mais plus saine, on trouve la plus importante, la plus riche, la plus commerçante ville de Corse : Bastia. 
Mais Bastia n'est plus la Corse, Bastia est une ville continentale, italienne, corrompue et molle, luxueuse et active comme le continent ; 
à Bastia, point de vendetta, point de stylet affilé, de fusil menaçant, mais aussi plus de m�urs sévères, patriarcales, plus de ces costumes pittoresques et traditionnels qu'on retrouve encore à Ajaccio. 
Le Corse, le vrai Corse montagnard, le Corse de Corte et d'Ajaccio, retrousse dédaigneusement la lèvre en parlant de l'habitant de Bastia.

Texte : Pierre Alexis, Joseph, Ferdinand, vicomte de Ponson du Terrail, né le 8 juillet 1829 à Montmaur et mort le 10 janvier 1871 à Bordeaux, est un écrivain populaire français et l’un des maîtres du roman-feuilleton.
Il est célèbre pour son personnage Rocambole. 
Il a écrit 200 romans et feuilletons en vingt ans.
Doc : flicorse.kazeo.com

Photo : Gravure de Pierre Alexis Ponson du Terrail, parue dans le journal La Patrie, lors de sa morte 1871.

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